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Carnet de Chine

Xiamen et Gulangyu : l'île sans voitures du Fujian

Le piège du ferry que personne n'explique, l'île classée où l'on marche entre les villas, et la vue sur une île taïwanaise depuis un fort côtier.

Par MaxPublié le Mis à jour le 11 min de lecture
Une plage de sable sur l'île de Gulangyu en fin de journée : au premier plan des rochers bruns émergeant du sable, au milieu un petit phare rayé vert et blanc sur un socle de pierre entouré de promeneurs, et de l'autre côté de l'eau la silhouette du port de Xiamen avec ses grues et ses tours dans la brume
Depuis Gulangyu, la ville-port est de l'autre côté de l'eau. Quelques centaines de mètres séparent une île piétonne d'une agglomération de cinq millions d'habitants.·Photo : Brian Zhu / Unsplash

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Xiamen se présente comme une ville, et l'essentiel de ce qu'on vient y voir se trouve sur une île de deux kilomètres carrés, en face, où aucune voiture ne circule. Cette configuration commande tout le séjour, y compris la première erreur que commettent presque tous les visiteurs : se présenter au mauvais embarcadère.

Carte · pincer ou scroller pour zoomer

Carte de Xiamen et de Gulangyu : le terminal de Dongdu au nord, le ponton de Lujiang au centre, l'île de Gulangyu à l'ouest avec son débarcadère et le rocher du Rayon de Soleil, Zhongshan Road, le temple Nanputuo et l'université, et la forteresse de Hulishan au sud

Trois kilomètres séparent les deux pontons, et c'est toute la différence entre embarquer et se faire refouler : Dongdu au nord pour les visiteurs, Lujiang au centre pour les résidents en journée.

  1. Le terminal de Dongdu, où embarquent les visiteurs
  2. Le ponton de Lujiang, réservé aux résidents en journée
  3. Gulangyu, le débarcadère de Sanqiutian
  4. Le rocher du Rayon de Soleil, sur Gulangyu
  5. Zhongshan Road et les arcades
  6. Le temple Nanputuo et l'université
  7. La forteresse de Hulishan, face à Jinmen
© OpenStreetMap contributors · Tiles : OpenFreeMap

Le ferry, et le piège de l'embarcadère

Deux pontons, un seul pour les visiteurs

Le ponton de Lujiang, en plein centre, face à l'île, est le plus évident et le plus proche de la vieille ville. Il est réservé aux résidents de Xiamen munis d'une carte d'identité locale, de sept heures dix à dix-sept heures trente. Les visiteurs embarquent au terminal international de croisière de Dongdu, plus au nord, accessible en métro ou en taxi.

Ce qui arrive quand on se trompe

On fait la queue, on arrive au guichet, on est refusé. C'est l'erreur la plus répandue du séjour, elle n'est signalée nulle part de façon visible, et elle coûte la file pour rien, trois kilomètres de détour vers le nord en métro ou en taxi, et la place perdue sur la traversée qu'on visait.

La logique de cette séparation est simple une fois qu'on la connaît : l'île compte encore quelques milliers d'habitants permanents, et sans ponton réservé ils passeraient leurs journées dans les files de visiteurs. Après dix-sept heures trente, la règle tombe et tout le monde embarque au même endroit.

Réserver, et pourquoi c'est nécessaire

L'île applique un quota quotidien de l'ordre de soixante-cinq mille visiteurs, ce qui paraît énorme jusqu'à ce qu'on rapporte le chiffre aux deux kilomètres carrés de l'île. Les traversées se remplissent le week-end et pendant les congés.

La réservation se fait en ligne, avec le passeport pour les étrangers, et ce détail compte : le système demande un document, et le renseigner dans la file d'attente avec une connexion capricieuse est le meilleur moyen de rater le créneau.

Quinze jours avant, à neuf heures

La règle a changé au 1er février 2026, et c'est le point qui décide du séjour. La vente s'ouvre désormais quinze jours à l'avance, contre sept auparavant, et les billets du quinzième jour sortent tous d'un coup à neuf heures du matin, heure chinoise.

Pendant les congés et l'été, les créneaux du matin partent en deux à trois minutes. « S'y prendre la veille » n'est plus un conseil valable : il faut être devant son téléphone à neuf heures, quinze jours avant la date voulue, ou se rabattre sur un créneau d'après-midi.

Le canal officiel est un mini-programme WeChat ou Alipay, accessible aussi par le compte officiel de la compagnie de ferry. Les revendeurs qui apparaissent dans les résultats de recherche ne sont pas la source.

Le prix, et la validité du retour

Trente-cinq yuans l'aller-retour en bateau ordinaire, soit environ quatre euros et demi. Le retour reste valable vingt jours, ce qui veut dire qu'on n'est pas tenu de repartir le jour même : c'est ce qui rend possible une nuit sur l'île sans racheter de billet.

Gulangyu, l'île sans voitures

Ce qui la rend singulière

Aucune voiture, aucun vélo, aucun scooter. Seuls quelques véhicules électriques de service circulent, pour les livraisons et les ordures. Sur deux kilomètres carrés, tout se fait à pied, dans des ruelles qui montent et descendent entre les murs de jardins.

L'effet est difficile à surestimer dans un pays où le bruit de fond urbain est constant. On entend ses propres pas, les oiseaux, les conversations derrière les murs. C'est la première chose que remarquent les visiteurs, avant même l'architecture, et c'est ce qui explique que l'île soit devenue une destination de week-end pour les Chinois des grandes villes voisines.

Une concession internationale devenue quartier

L'île a été une concession internationale au début du XXe siècle, ouverte à une douzaine de nations plutôt qu'à une seule, ce qui la distingue de Qingdao l'allemande ou de Harbin la russe. Il en reste un tissu de villas et d'anciens consulats dans des styles qui ne s'accordent pas entre eux : colonnades néoclassiques à côté de toits chinois, vérandas coloniales et maisons de commerçants revenus enrichis d'Asie du Sud-Est.

C'est précisément cette incohérence qui lui a valu son classement à l'UNESCO. Le dossier retient l'île comme un exemple de mélange architectural né de la rencontre, plutôt que comme un quartier colonial d'une seule main. On s'y promène donc en lisant des façades qui se contredisent, et c'est le meilleur usage qu'on puisse en faire.

Les sites payants, et le calcul à faire

L'île elle-même ne se paie pas : la traversée donne accès aux ruelles, et l'essentiel de ce qu'on vient y chercher est gratuit. Cinq sites sont en revanche à billet, et c'est là que le calcul se fait.

SiteEntrée seule
Rocher du Soleil, le point haut90 ¥
Jardin Shuzhuang, musée du piano compris70 ¥
Jardin Haoyue50 ¥
Musée de l'orgue30 ¥
Billet combiné des cinq sites, en ligne90 ¥

Le combiné coûte le prix du seul rocher du Soleil. Dès qu'on compte en voir deux, la question ne se pose plus. À l'inverse, une journée passée à marcher dans les ruelles sans entrer nulle part est une façon parfaitement défendable de visiter l'île, et ne coûte que la traversée.

Les toits de Gulangyu vus d'en haut : maisons de brique rouge, villas crépies à balustrades, un immeuble aux courbes arrondies et des terrasses plantées, imbriqués les uns dans les autres sans qu'une rue soit visible entre eux
Vue d'en haut, l'île tient en un empilement de façades qui ne s'accordent pas. Les terrasses plantées et les climatiseurs rappellent qu'on y habite encore.·Photo : Jakob Montrasio · CC BY 2.0 / Wikimedia Commons

Le rocher du Rayon de Soleil

Le point culminant de l'île, un affleurement de granit qu'on gravit par des marches taillées et des passerelles métalliques, avec une vue circulaire sur les toits de l'île, le détroit et la ville en face. La montée est courte mais l'escalier est étroit, ce qui crée un goulot en milieu de journée.

C'est le point le plus fréquenté de Gulangyu, et la règle est la même que partout : le plus tôt on y monte, le mieux on s'y tient. En première heure, la plateforme est presque vide et la lumière rasante vaut le réveil.

Le jardin Shuzhuang et le musée du Piano

Un jardin aménagé en bord de mer au début du XXe siècle par une famille locale, avec des rocailles, des ponts et des bassins qui empruntent l'eau du détroit : la marée y entre et en sort, ce qui est rare dans un jardin chinois classique.

Le musée du Piano y est installé, avec une collection d'instruments anciens réunie par un collectionneur originaire de l'île. Sa présence ici, plutôt que dans un musée municipal de la ville en face, en dit long sur ce que Gulangyu revendique.

L'île de la musique, et pourquoi

Une densité de pianos sans équivalent

Les missionnaires et les familles de la concession en ont importé massivement au tournant du XXe siècle, pour les églises et pour les salons, et l'usage a pris chez les habitants. Gulangyu concentre depuis une densité d'instruments et de musiciens formés qui n'existe nulle part ailleurs en Chine à cette échelle.

L'île a fourni au pays une part disproportionnée de ses pianistes de concert, au point que la réputation s'est transmise en tradition : on y apprend le piano parce que c'est ce qu'on y fait, et les familles continuent d'y envoyer leurs enfants.

Ce que ça donne en pratique

On entend jouer depuis la rue en traversant les quartiers résidentiels, en fin d'après-midi surtout. Ce n'est pas une attraction organisée, c'est un bruit de fond, et c'est ce qui rend la promenade différente d'une autre.

Dormir sur l'île ou en ville

La nuit change tout

Les derniers ferries partis, l'île se vide de ses visiteurs à la journée et redevient un village de quelques milliers d'habitants. Les ruelles sont vides, les commerces à souvenirs ferment, et le contraste avec l'affluence diurne est spectaculaire : la même rue qui se traversait à l'épaule à quinze heures est déserte à vingt-et-une.

C'est la principale raison d'y dormir, et de loin la meilleure. Ceux qui ne font qu'une visite à la journée voient l'île dans son pire état et repartent en la trouvant surfaite, ce qui est une lecture compréhensible et incomplète.

Les hébergements

Beaucoup occupent d'anciennes villas, avec le charme et les contraintes que ça suppose. Le point pratique à anticiper : il n'y a pas de véhicules, donc les bagages se portent depuis l'embarcadère, sur des pavés et des escaliers. Une valise à roulettes est une mauvaise idée.

Rester en ville

Plus simple pour la logistique, moins cher, et parfaitement viable si l'on n'a que deux jours. Le quartier de Zhongshan Road, avec ses arcades, met l'embarcadère et la vieille ville à portée de marche.

Xiamen, la ville

Le temple Nanputuo

Un grand temple bouddhiste adossé à la montagne, actif et très fréquenté, voisin immédiat de l'université. Il s'étage en terrasses successives, ce qui fait qu'on monte en le visitant, et les derniers niveaux donnent sur la baie.

Sa cantine végétarienne est réputée dans toute la ville et ouverte à tous, à des prix dérisoires. C'est donc un déjeuner autant qu'une visite, et c'est le meilleur moyen de voir un temple chinois autrement qu'en touriste.

Le mont Wulao

Le massif qui domine le temple, avec des sentiers qui montent à travers les rochers et une vue sur toute la baie. Compter une à deux heures selon l'itinéraire, et prévoir de l'eau : la montée est exposée.

Zhongshan Road et les arcades

L'artère commerçante de la vieille ville, bordée d'arcades qui protègent du soleil et de la pluie, une forme urbaine typique du sud de la Chine et de la diaspora d'Asie du Sud-Est. Les façades du début du XXe siècle sont largement intactes au-dessus du niveau des enseignes, ce qui suppose de lever les yeux.

La partie centrale est très touristique, saturée de boutiques de spécialités emballées. Deux rues de côté suffisent à retrouver des marchés, des ateliers et des restaurants de quartier, et c'est là que la vieille ville est réellement intéressante.

L'université et la côte

Le campus de l'université de Xiamen est régulièrement cité comme le plus beau de Chine, coincé entre la montagne et la mer, avec des bâtiments des années 1920 mêlant toits chinois et structures occidentales. L'accès des visiteurs est réglementé et peut demander une réservation, ce qui varie selon les périodes.

La route côtière qui le longe se parcourt à pied ou à vélo sur plusieurs kilomètres et donne accès à des plages urbaines. C'est la promenade du soir des habitants, et elle vaut mieux que bien des sites payants.

La forteresse de Hulishan et la vue sur Jinmen

Une batterie côtière de la fin du XIXe

Un fort d'artillerie construit à la fin du XIXe siècle sous les Qing, quand la dynastie tentait de moderniser ses défenses côtières en achetant du matériel allemand. Son canon Krupp d'origine est toujours en place, avec ses casemates, ses magasins à poudre et ses remparts tournés vers le large.

Le lieu vaut autant pour le site lui-même, bien conservé et documenté, que pour ce qu'il permet de voir depuis les remparts.

Jinmen, à quelques kilomètres

Depuis les remparts, on regarde Jinmen, un archipel administré par Taïwan, situé à quelques kilomètres à peine de la côte du Fujian. Des longues-vues sont installées face au large, et par temps clair les bâtiments de l'autre rive se distinguent à l'œil nu.

Ce que ça raconte

Il n'existe pas beaucoup d'endroits au monde où deux entités politiques en désaccord se regardent d'aussi près et depuis aussi longtemps. Le fort est devenu un lieu de promenade familiale, ce qui ajoute au décalage.

Les tulou hakka, en excursion

Ce que c'est

De vastes maisons collectives en terre crue, souvent circulaires, parfois carrées, bâties par les communautés hakka entre le XIIe et le XXe siècle. Un mur unique de plusieurs mètres d'épaisseur, des dizaines de logements répartis sur trois ou quatre niveaux à l'intérieur, une cour centrale commune, et une seule porte.

La forme répond à une fonction défensive : les Hakka étaient des migrants venus du nord, installés en terre étrangère, et le tulou est une forteresse habitée par un clan entier. L'ensemble est classé à l'UNESCO, et certains sont encore habités, ce qui change beaucoup la visite.

L'ensemble de tulou de Tianluokeng vu depuis la hauteur : quatre bâtiments circulaires en terre crue à toit de tuiles grises disposés autour d'un cinquième bâtiment carré, au milieu de collines cultivées en terrasses
L'ensemble de Tianluokeng : quatre tulou ronds autour d'un carré. De la hauteur, on lit les cours intérieures et les coursives de bois.·Photo : Motohiro Sunouchi · CC BY 2.0 / Wikimedia Commons

Où et comment

Elles se trouvent dans l'intérieur des terres, à trois ou quatre heures de route de Xiamen selon le groupe visité. C'est donc une excursion à la journée, en voiture ou en circuit organisé, pas une visite qu'on improvise en fin d'après-midi.

Est-ce que ça vaut la journée

Oui si l'on dispose d'un troisième jour et qu'on accepte la route. Les groupes les plus accessibles sont aussi les plus fréquentés, et ceux qui demandent un détour supplémentaire sont nettement plus calmes.

Manger à Xiamen

La cuisine minnan

Celle du sud du Fujian, orientée vers les produits de la mer et les bouillons, plus douce que celle du Guangdong voisin. Elle se pratique en petites portions successives plutôt qu'en plats uniques.

Les spécialités à chercher

L'omelette aux huîtres, épaisse et souple, qui se mange à toute heure. Les rouleaux de printemps frais, non frits, qu'on garnit soi-même à table à partir d'une dizaine de préparations. Les soupes de nouilles aux fruits de mer, et les boulettes de poisson, qui sont une affaire de fierté locale et se jugent à leur élasticité.

Les marchés couverts et les ruelles servent tout cela mieux et moins cher que les restaurants du front de mer, qui vivent du passage. La règle habituelle s'applique : une file d'habitants devant un comptoir sans enseigne traduite vaut mieux qu'une carte en quatre langues.

Le thé

Le Fujian est une des grandes provinces productrices de Chine, et la culture du thé y est quotidienne plutôt que cérémonielle. On en boit partout, offert dans les commerces, et les maisons de thé de la ville valent une heure.

Y aller et quand venir

Rejoindre Xiamen

Le train à grande vitesse relie la ville à Canton, Shenzhen, Shanghai et Pékin, avec des durées qui vont de trois heures et demie pour les plus proches à une dizaine pour Pékin. La ligne littorale qui longe le Fujian est une des plus agréables du réseau, entre mer et collines.

L'aéroport dessert l'ensemble du pays et une partie de l'Asie du Sud-Est, ce qui fait de Xiamen une porte d'entrée ou de sortie commode pour qui combine la Chine avec un autre pays de la région.

Se déplacer sur place

Le métro relie la gare, l'aéroport et les principaux quartiers, y compris le terminal de Dongdu. Les bus complètent le réseau le long de la côte, et les applications de réservation fonctionnent normalement.

La saison

D'octobre à avril. L'été est chaud, très humide, et exposé aux typhons, qui peuvent suspendre les liaisons maritimes pendant un ou deux jours. La première semaine d'octobre est à éviter : les congés nationaux saturent le quota de l'île dès la matinée.

Questions fréquentes

Où prendre le ferry pour Gulangyu ?
Au terminal international de croisière de Dongdu, et non au ponton de Lujiang qui est pourtant le plus proche de la vieille ville. Lujiang est réservé aux résidents de Xiamen munis d'une carte d'identité locale entre sept heures dix et dix-sept heures trente. C'est l'erreur la plus fréquente, et elle coûte une matinée.
Faut-il réserver le ferry à l'avance ?
Oui, surtout le week-end et pendant les jours fériés. L'île applique un quota quotidien de l'ordre de soixante-cinq mille visiteurs et les traversées se remplissent. Les étrangers réservent avec leur passeport, ce qui se fait en ligne avant d'arriver au guichet plutôt que sur place.
Combien de jours faut-il à Xiamen ?
Deux jours pleins pour la ville et Gulangyu sans courir. Une troisième journée permet une excursion vers les tulou hakka, ces maisons collectives circulaires de l'intérieur du Fujian. Quatre jours autorisent un rythme confortable avec une nuit sur l'île, qui change complètement l'expérience.
Peut-on dormir sur Gulangyu ?
Oui, et c'est ce qui distingue une visite d'un passage. Les hébergements occupent souvent d'anciennes villas coloniales. L'intérêt tient au moment où les ferries s'arrêtent : l'île se vide de ses visiteurs à la journée et redevient un village, ce que la majorité des gens ne voient jamais.
Y a-t-il des voitures sur Gulangyu ?
Aucune, et pas non plus de vélos ni de scooters. Seuls circulent quelques véhicules électriques de service. L'île se parcourt entièrement à pied, elle fait environ deux kilomètres carrés, et ses ruelles montent et descendent, ce qui rend les bagages à roulettes pénibles sur les pavés.
Pourquoi Gulangyu est-elle appelée l'île de la musique ?
Parce qu'elle concentre une densité de pianos sans équivalent en Chine, héritage des missionnaires et des familles de la concession internationale qui en importèrent massivement. Un musée du Piano occupe le jardin Shuzhuang, aménagé en bord de mer, et l'on entend encore des instruments depuis la rue en traversant les ruelles résidentielles.
Voit-on vraiment Taïwan depuis Xiamen ?
On voit Jinmen, un archipel administré par Taïwan situé à quelques kilomètres seulement de la côte du Fujian. La forteresse de Hulishan, ancienne batterie d'artillerie côtière, offre le point de vue le plus commode, avec des longues-vues installées face au large. Par temps clair, les bâtiments de l'île d'en face sont distinguables à l'œil nu.
Que sont les tulou du Fujian ?
De vastes maisons collectives en terre crue, souvent circulaires, construites par les communautés hakka entre le XIIe et le XXe siècle et classées à l'UNESCO. Elles abritaient des clans entiers derrière un mur unique. Elles se trouvent dans l'intérieur des terres, à trois ou quatre heures de route de Xiamen, ce qui en fait une excursion à la journée plutôt qu'une visite.
Quelle est la meilleure saison pour Xiamen ?
D'octobre à avril, avec une préférence pour l'automne et le début du printemps. L'été est chaud, très humide et exposé aux typhons, qui peuvent interrompre les liaisons maritimes. La première semaine d'octobre est à éviter : Gulangyu sature pendant les congés nationaux et le quota se remplit dès le matin.
Que mange-t-on à Xiamen ?
La cuisine du sud du Fujian, dite minnan, qui fait grand cas des produits de la mer et des bouillons. Les spécialités locales tiennent du grignotage plutôt que du plat : huîtres en omelette, rouleaux de printemps frais, soupes de nouilles aux fruits de mer, et une culture du thé très installée, le Fujian étant une des grandes provinces productrices.

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