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Carnet de Chine

DiDi en Chine : installer, payer et commander sans parler chinois

Utiliser DiDi en Chine : quelle application installer, comment payer avec une carte étrangère, les prix au kilomètre, les zones e-hailing des gares et les pièges.

Par MaxPublié le 8 min de lecture
Carrefour de Shanghai en journée, berlines et bus à l'arrêt devant un agent de circulation en uniforme bleu, panneaux routiers bilingues et gratte-ciel de Pudong dont la Shanghai Tower en arrière-plan
Un carrefour de Shanghai à l'heure de pointe. Les berlines noires qui attendent au feu sont, pour beaucoup, des VTC.·Photo : Luca Deasti / Unsplash

DiDi est l'équivalent chinois d'Uber, et c'est l'application qui rend le pays praticable dès qu'on sort du métro. Interface en anglais, prix annoncé avant la commande, paiement automatique en fin de course, et des tarifs qui feraient sourire n'importe quel utilisateur de VTC européen.

Je m'en suis servi partout où je suis allé, et c'est le service que je recommande sans réserve. Reste que tout n'est pas évident au premier usage : l'application à installer n'est pas celle qu'on croit, le paiement demande un détour, et les gares chinoises ont leurs propres règles. Ce guide couvre les trois.

Installer la bonne application

DiDi Greater China, pas la version chinoise

Le piège se situe dès le magasin d'applications. Deux applications coexistent : DiDi - Greater China, pensée pour les visiteurs, et 滴滴出行, la version domestique. Seule la première propose une interface complète en anglais et accepte correctement les moyens de paiement étrangers.

La seconde suppose de lire le chinois et gère mal les cartes internationales. C'est le seul moment du parcours où l'on peut vraiment se tromper.

S'inscrire avec un numéro français

L'inscription se fait avec un numéro de téléphone étranger, sans exception ni justificatif. On saisit son numéro, on reçoit un code par SMS, le compte existe. Aucun numéro chinois n'est nécessaire, contrairement à ce que suppose une partie des démarches administratives sur place.

Conséquence pratique : tout se configure depuis chez soi, avant le départ. C'est trente minutes bien employées, et le sujet est traité plus largement dans le guide des applications à installer.

Le mini-programme dans Alipay

Il existe une seconde porte d'entrée : DiDi est accessible en mini-programme depuis Alipay, sans installation séparée. La fonction est plus limitée que l'application dédiée, mais elle dépanne, en particulier si l'on manque de place sur son téléphone ou si l'installation coince.

Payer sans compte bancaire chinois

Le portefeuille mobile comme intermédiaire

C'est le point qui bloque le plus de voyageurs, et la solution est contre-intuitive : plutôt que d'entrer sa carte dans DiDi, on lie sa carte Visa ou Mastercard à Alipay ou WeChat Pay, puis on choisit ce portefeuille comme moyen de paiement dans DiDi.

Le portefeuille sert d'intermédiaire entre une banque française et un service chinois, et cette configuration fonctionne partout, y compris dans les villes moyennes.

La carte en direct, et ses limites

L'application permet aussi d'ajouter une carte bancaire directement. Cela marche, mais avec deux réserves : la fonction reste limitée aux grandes villes, et les systèmes anti-fraude des banques françaises bloquent volontiers une transaction récurrente venue d'un opérateur chinois.

À traiter comme une solution de repli, pas comme le réglage principal.

En fin de course, rien à faire

Une fois le paiement configuré, l'expérience est exactement celle d'Uber : on descend de voiture et c'est fini. Pas d'espèces, pas de terminal, pas de discussion sur le montant. Sur des dizaines de courses, je n'ai jamais eu à sortir quoi que ce soit de ma poche en arrivant.

Ce que ça coûte

Les tarifs varient selon la ville et la catégorie, mais l'ordre de grandeur reste bas partout.

VillePrix au kilomètre (Express)
Chengduenviron 1,76 ¥
Cantonenviron 1,90 ¥
Shanghaienviron 2,03 ¥
Taxi classique, toutes villes16 ¥ de prise en charge, puis environ 3 ¥

Une liaison aéroport-centre à Pékin se situe entre 80 et 200 yuans selon la destination et le véhicule. Rapporté aux distances chinoises, où traverser une ville prend facilement quarante minutes, c'est le poste de dépense le moins douloureux du voyage.

Express, Premier, Luxe

Express est la catégorie standard, la moins chère, celle qu'on prend dans la quasi-totalité des cas. Premier donne accès à des chauffeurs mieux notés et à des véhicules plus soignés, souvent équipés de bouteilles d'eau et de chargeurs. Luxe propose des berlines allemandes, sur réservation, avec un intérêt limité pour un voyageur.

Un mot sur les véhicules : ils sont systématiquement très propres, et souvent bien plus modernes que ce à quoi on s'attend. Les modèles électriques bourrés d'écrans sont devenus la norme dans les grandes villes, et le confort n'a rien à voir avec un taxi européen de gamme équivalente.

Le réflexe des bagages

Avec deux grandes valises, prenez une catégorie offrant un vrai coffre, et ne comptez pas sur une Express standard. Cela reste vrai même quand l'application annonce un véhicule spacieux : un chauffeur a refusé de nous charger malgré la catégorie commandée, jugeant que ça ne rentrerait pas. La commande suivante s'est déroulée sans le moindre problème.

Commander une course

Saisir la destination

On tape la destination, ou on la pointe sur la carte, et le prix s'affiche avant confirmation. C'est là que DiDi surclasse le taxi : plus de négociation, plus de compteur à surveiller, plus de doute sur le tarif étranger. Le montant annoncé est celui qui sera débité.

Le coup de fil du chauffeur

C'est le moment qui inquiète tout le monde, et il se règle en trente secondes. Le chauffeur appelle presque systématiquement après la commande. Répondez en anglais : il comprend immédiatement que la conversation ne mènera nulle part et bascule sur la messagerie de l'application, qui traduit les messages dans les deux sens.

À partir de là, il a toutes les informations dont il a besoin et le sujet est clos. Je n'ai jamais eu de course annulée pour cette raison.

Vérifier la voiture avant de monter

En arrivant à la voiture, montrez l'écran de votre commande au chauffeur. Cela confirme d'un coup d'œil que c'est le bon véhicule et le bon client, sans échanger un mot. Le geste paraît anodin, mais dans une file de berlines noires identiques, il évite la confusion.

Aéroports et gares : les zones e-hailing

C'est la partie que les guides oublient, alors que c'est là que se joue l'essentiel.

Suivre les panneaux

Les aéroports et les grandes gares imposent une zone de prise en charge dédiée, distincte de la station de taxis. Elle est signalée par des panneaux indiquant e-hailing, souvent traduits, et le fléchage est généralement excellent. Des agents sont présents dans beaucoup de gares pour orienter les voyageurs perdus.

Un point à retenir : ne commandez pas depuis l'intérieur du terminal. Le repérage automatique peut placer votre point de rendez-vous à deux ou trois cents mètres de là où vous êtes réellement, et les chauffeurs n'ont pas le droit de s'arrêter hors de la zone prévue.

L'écran d'attribution et la place de parking

Le dispositif est parfois remarquablement bien pensé. Dans certaines gares et certains aéroports, un grand écran affiche les commandes en attente, et indique le numéro de place de parking où votre voiture s'est garée. On lit son numéro, on marche jusqu'à la place, la voiture est là.

Je ne m'attendais pas à ce niveau d'organisation, et c'est franchement plus efficace que de tourner en cherchant une plaque d'immatriculation.

Le chaos organisé des grandes gares

Dans les très grandes gares, la zone e-hailing est un spectacle en soi. Des dizaines de voyageurs attendent leur voiture, des dizaines de véhicules manœuvrent, et des agents au mégaphone tentent de fluidifier les montées et les descentes. C'est bruyant, dense, et un peu impressionnant la première fois.

Mais ça fonctionne, et vite. La seule règle est de ne pas traîner : repérez votre voiture, chargez, montez. Personne n'attend, et l'organisation repose précisément là-dessus.

Ce que l'application prévoit pour la sécurité

Partager son trajet

L'application permet d'envoyer à un contact sa position en temps réel, la destination, l'heure d'arrivée estimée et la plaque du véhicule. La fonction se déclenche en deux touches depuis l'écran de course. C'est le réflexe utile pour un trajet de nuit ou quand on voyage seul.

Le bouton d'urgence

Un bouton d'alerte figure dans l'écran de course. Il prévient les contacts enregistrés et déclenche une prise en charge par une équipe dédiée, l'application se mettant à enregistrer l'audio dès l'activation. C'est un dispositif qu'on n'utilisera probablement jamais, mais qui explique pourquoi les chauffeurs se tiennent à carreau.

L'enregistrement des courses

L'audio des trajets est enregistré et conservé sept jours, chiffré, puis supprimé automatiquement en l'absence de litige. Le principe est intrusif, et il faut le savoir plutôt que le découvrir : la contrepartie est une traçabilité qui rend les incidents rares.

Programmer une course à l'avance

Les courses peuvent être réservées à l'avance, ce qui règle le cas du vol à six heures du matin ou du train à prendre depuis une périphérie mal desservie. C'est une option à privilégier quand rater le départ n'est pas envisageable, plutôt que de commander au dernier moment et découvrir qu'aucun chauffeur n'est disponible.

Aux heures de pointe dans les grandes villes, l'attente s'allonge et les prix montent, comme partout. Un départ à 8 h ou à 18 h dans le centre de Pékin se prépare, ou se fait en métro.

Les pièges à connaître

Ne jamais annuler soi-même

Le plus coûteux, et le moins connu. Si un chauffeur ne veut pas assurer la course, pour une histoire de bagages ou autre, il demandera parfois que vous annuliez de votre côté. Ne le faites pas : les frais d'annulation sont alors à votre charge, alors qu'ils ne le sont pas si c'est lui qui annule.

Attendez, quitte à ce que ce soit inconfortable une minute. Puis relancez une commande.

Les rabatteurs

Dans certaines villes touristiques, Zhangjiajie en particulier, des personnes abordent les voyageurs à la sortie des gares en proposant une course, parfois en laissant entendre qu'elles travaillent pour l'application. Le tarif annoncé peut paraître attractif.

Refusez et rejoignez la zone e-hailing. La course passée par l'application est tracée, le prix fixé à l'avance, et le trajet enregistré. Celle du rabatteur n'offre rien de tout cela.

Garder un œil sur le trajet

Gardez une carte ouverte pendant la course, ne serait-ce qu'en arrière-plan. Le détour est rare, mais il coûte peu de vérifier, surtout sur un trajet long ou de nuit dans une ville qu'on ne connaît pas. Une application de cartes utilisable hors du chinois suffit.

Ne pas chercher à laisser un pourboire

Le pourboire ne fait pas partie des usages en Chine, et DiDi ne le prévoit pas dans son fonctionnement normal. Insister met le chauffeur dans l'embarras plutôt que de lui faire plaisir. Le sujet vaut pour l'ensemble du pays, restaurants compris, et il est traité dans le guide des coutumes chinoises.

Quand DiDi n'est pas la bonne réponse

Le métro reste plus rapide aux heures de pointe dans les grandes villes, et il coûte quelques yuans. Sur un axe encombré à Pékin ou Shanghai, une rame passe pendant qu'une voiture avance de deux carrefours : le sujet est détaillé dans le guide du métro en Chine.

Pour les longues distances entre villes, la question ne se pose pas, le train à grande vitesse l'emporte sur tout. DiDi reste imbattable sur trois usages : rejoindre son hôtel en arrivant chargé, rentrer tard quand le métro a fermé, et atteindre un lieu mal desservi en périphérie.

Pour aller plus loin

Questions fréquentes

Quelle application DiDi faut-il installer pour un étranger ?
Celle qui s'appelle DiDi - Greater China sur les magasins d'applications, pas la version chinoise 滴滴出行. La première propose une interface complète en anglais et accepte les cartes étrangères, la seconde suppose de lire le chinois et gère mal les moyens de paiement internationaux. Le nom prête à confusion, mais c'est le seul point délicat de l'installation.
Faut-il un numéro de téléphone chinois pour utiliser DiDi ?
Non. L'inscription fonctionne avec un numéro français ou de n'importe quel pays : on reçoit un code par SMS et le compte est créé. C'est une différence notable avec certains autres services chinois, et cela signifie qu'on peut tout configurer avant de partir, depuis chez soi, plutôt qu'à la sortie de l'avion.
Comment payer DiDi avec une carte bancaire étrangère ?
La méthode la plus fiable consiste à lier sa carte Visa ou Mastercard à Alipay ou WeChat Pay, puis à choisir ce portefeuille comme moyen de paiement dans DiDi. L'ajout d'une carte directement dans l'application existe, mais il reste limité aux grandes villes et se heurte souvent aux blocages de sécurité des banques françaises. Une fois le portefeuille configuré, le paiement se fait tout seul en fin de course.
Combien coûte une course en DiDi en Chine ?
En catégorie Express, comptez autour de 1,80 à 2 yuans du kilomètre selon la ville : environ 1,76 à Chengdu, 1,90 à Canton, 2,03 à Shanghai. C'est moins qu'un taxi classique, facturé environ 16 yuans de prise en charge puis 3 yuans du kilomètre. Une liaison aéroport-centre à Pékin se situe entre 80 et 200 yuans selon la destination et la catégorie de véhicule.
Le chauffeur DiDi parle-t-il anglais ?
Presque jamais, et ce n'est pas un problème. Il appelle souvent juste après la commande : répondez en anglais, il comprendra qu'il faut basculer sur la messagerie de l'application, qui traduit les messages dans les deux sens. Tout se règle en quelques échanges écrits. En montant dans la voiture, montrer l'écran de la commande suffit à confirmer qu'on est dans la bonne voiture.
Comment trouver son DiDi dans un aéroport ou une gare en Chine ?
En suivant les panneaux indiquant e-hailing, ou VTC, qui mènent à une zone dédiée distincte de la station de taxis. Dans les grands aéroports et les grandes gares, un écran affiche les commandes en attente et le numéro de place de parking où le véhicule est garé, ce qui évite de chercher. Des agents sont souvent présents pour orienter. Ne commandez pas depuis l'intérieur du terminal : les chauffeurs n'ont pas le droit de s'arrêter ailleurs que dans la zone prévue.
Que faire si le chauffeur DiDi demande d'annuler la course ?
Ne pas annuler soi-même. Cela arrive, notamment quand le chauffeur estime que les bagages ne rentreront pas, même après avoir commandé un grand véhicule. Si vous annulez, les frais d'annulation sont à votre charge ; si c'est le chauffeur qui le fait, ils ne le sont pas. Mieux vaut attendre, puis relancer une commande : la suivante se passe en général sans histoire.
Quelle catégorie de véhicule choisir sur DiDi ?
Express pour la quasi-totalité des trajets : c'est la catégorie standard, la moins chère et la plus rapide à trouver. Premier apporte des chauffeurs mieux notés et des véhicules plus confortables, Luxe des berlines allemandes sur réservation. Le seul vrai critère de choix est le volume de bagages : avec deux grandes valises, prendre une catégorie offrant un coffre suffisant évite un refus au moment de charger.
DiDi est-il moins cher qu'un taxi en Chine ?
Oui dans la plupart des cas, et surtout plus prévisible : le prix est annoncé avant de confirmer la commande, ce qui supprime la question du compteur et de l'itinéraire. Un taxi classique reste utile là où l'attente en VTC est longue, ou dans les petites villes où le réseau de chauffeurs est moins dense.
Faut-il se méfier des personnes qui proposent des courses devant les gares ?
Oui. Dans certaines villes touristiques, des rabatteurs abordent les voyageurs à la sortie en proposant une course, parfois en se présentant comme des chauffeurs de l'application. Le tarif annoncé peut sembler intéressant, mais la course n'est ni tracée ni encadrée. Passer par l'application et rejoindre la zone e-hailing prend deux minutes de plus et règle la question.

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