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Carnet de Chine

Canton 2026 : dim sum, Shamian et la ville-pivot du Sud

Visiter Canton (Guangzhou) : le yum cha et les meilleures maisons de thé, l'île de Shamian, la Canton Tower, l'académie du clan Chen. Prix, transports, durée.

Par MaxPublié le 6 min de lecture
La Canton Tower illuminée de couleurs arc-en-ciel la nuit à Guangzhou, structure en treillis torsadé se détachant sur un ciel noir
La Canton Tower, 604 mètres de treillis torsadé, illuminée chaque soir au-dessus de la rivière des Perles.·Photo : Billy Xue / Unsplash

Canton, Guangzhou en mandarin, est la grande ville du Sud que les voyageurs traversent sans s'arrêter, entre Hong Kong et le reste de la Chine. C'est une erreur : on y mange la cuisine cantonaise à sa source, celle-là même que l'Occident croit connaître, et l'on y prend le rituel du thé du matin comme nulle part ailleurs.

Ce n'est pas une ville de monuments. C'est une métropole de commerce, moite et remuante, avec une île coloniale, une tour de 604 mètres et des maisons de thé centenaires. Deux à trois jours suffisent, et le principal argument tient dans une assiette de bambou.

Carte · pincer ou scroller pour zoomer

Carte de Canton : la Canton Tower et Zhujiang New Town au sud-est, l'île de Shamian et l'académie du clan Chen à l'ouest, le parc Yuexiu et Beijing Road au centre, la gare de Canton Sud au sud

Canton en un coup d'œil : le vieux Canton à l'ouest, la ville moderne à l'est, la gare à grande vitesse au sud.

  1. Canton Tower et Zhujiang New Town
  2. Île de Shamian, l'ancienne concession
  3. Académie du clan Chen
  4. Parc Yuexiu
  5. Beijing Road, la rue piétonne
  6. Gare de Canton Sud (Hong Kong en 50 min)
© OpenStreetMap contributors · Tiles : OpenFreeMap

Le yum cha, la vraie raison de venir

Canton est la capitale mondiale du dim sum, et le thé du matin y est une institution sociale autant qu'un repas. C'est ce qui justifie l'étape à lui seul.

Comment ça marche

Le yum cha (饮茶) signifie littéralement « boire le thé » : c'est le rituel. Les dim sum (点心), eux, sont les petites bouchées servies en paniers de bambou. On va donc au yum cha et on y mange des dim sum. On s'installe, on choisit son thé, puis les bouchées arrivent, soit sur des chariots qui circulent entre les tables, soit commandées sur un menu à photos. L'affaire dure une à deux heures, entre voisins de table et familles entières.

Les bouchées à connaître

Quelques classiques reviennent partout : les har gow, raviolis de crevettes à la pâte translucide, dont la finesse sert d'étalon pour juger une maison ; les siu mai, bouchées ouvertes au porc et à la crevette ; les char siu bao, brioches vapeur au porc laqué ; les pattes de poulet en sauce de haricots noirs, plus déroutantes ; et les egg tarts, ces petites tartes à la crème d'œuf, pour finir.

Les maisons historiques

Panxi (泮溪酒家), ouvert en 1947 sur les terres d'un ancien jardin impérial, sert encore au chariot dans un décor de bassins, de banians et de pavillons : c'est la plus spectaculaire. Tao Tao Ju, fondé en 1880, et le Guangzhou Restaurant, surnommé « le premier restaurant de Canton », complètent le trio des institutions. Lian Xiang Lou est réputé pour ses pâtisseries au lotus.

Manger au-delà du dim sum

Le thé du matin n'est qu'une porte d'entrée. La cuisine cantonaise repose sur une idée simple, presque contraire au reste de la Chine : préserver le goût du produit plutôt que le masquer. Peu de piment, des cuissons vapeur courtes, des bouillons longs.

Les viandes rôties

Les rôtisseries, avec leurs canards et leurs travers laqués suspendus en vitrine, sont une institution. Le canard rôti à la peau croustillante, le char siu (porc laqué au miel) et le siu yuk (poitrine de porc à la couenne soufflée) se servent sur du riz blanc, en plat unique et bon marché. On les reconnaît de loin au comptoir vitré et au couperet qui claque.

Le congee et les soupes

Le congee (zhou), bouillie de riz longuement mijotée, se mange au petit-déjeuner ou tard le soir, garni de poisson, de porc ou de mille-œufs. À côté, les Cantonais vouent un culte aux soupes lentes (lou fo tong), mijotées des heures avec des herbes, réputées équilibrer le corps selon la saison. C'est le plat de famille par excellence, rarement servi aux touristes mais omniprésent chez l'habitant.

Le vieux Canton

L'académie du clan Chen

Bâtie en 1894 par les soixante-douze familles Chen du Guangdong pour que leurs fils préparent les examens impériaux, l'académie du clan Chen est le plus bel ensemble d'artisanat cantonais de la ville : sculptures sur bois, frises de céramique sur les toits, ferronneries. Elle abrite aujourd'hui le musée d'art populaire du Guangdong. L'entrée tourne autour de 10 ¥ et le métro ligne 1 dépose devant. Compter une à deux heures.

L'île de Shamian

Ancienne concession britannique et française cédée après les guerres de l'opium, Shamian est une petite île piétonne posée au bord de la rivière : avenues plantées d'arbres, bâtiments coloniaux ocre et blancs, églises, cafés. On y marche comme dans une enclave européenne assoupie, à cent lieues du vacarme de la métropole. C'est le contrepoint le plus reposant de la ville, et le plus photogénique.

Le parc Yuexiu et Beijing Road

Le parc Yuexiu, le plus grand du centre, abrite la statue des Cinq Béliers, emblème de la fondation légendaire de Canton, ainsi que des vestiges de l'ancienne muraille. Plus au sud, Beijing Road est l'artère piétonne commerçante, où des dalles de verre laissent voir les couches successives de chaussées anciennes sous les pieds des passants.

Le Canton moderne

La Canton Tower

Avec ses 604 mètres, la Canton Tower est l'un des plus hauts édifices de Chine, reconnaissable à sa silhouette de treillis torsadé, illuminée de couleurs chaque soir. On monte à l'observatoire, et les plus téméraires prennent le Bubble Tram, une ronde de nacelles vitrées qui tourne au sommet à 450 mètres du sol.

Zhujiang New Town et la rivière des Perles

En face de la tour, sur l'autre rive, Zhujiang New Town aligne les gratte-ciel du quartier d'affaires, l'opéra dessiné par Zaha Hadid et de grandes esplanades. La croisière du soir sur la rivière des Perles est le classique local : une heure à voir défiler les ponts et les façades illuminées, tour comprise.

Y aller et se déplacer

Canton est l'un des grands nœuds ferroviaires du pays. Depuis Hong Kong, le train à grande vitesse relie West Kowloon à Canton Sud en 47 à 50 minutes, avec les contrôles d'immigration effectués en gare avant l'embarquement, et trente-sept allers-retours par jour. Guilin est à environ 3 heures, Shanghai et Pékin à 8 heures et plus.

Sur place, le métro couvre tout ce qui compte, avec une signalétique bilingue, et se paie au QR code depuis Alipay ou WeChat Pay. C'est le moyen le plus simple de traverser une ville aussi étalée, et le plus rapide aux heures de pointe.

Où dormir

Trois logiques selon le séjour. Autour de Beijing Road et du parc Yuexiu, on est dans le vieux centre, à distance de marche des maisons de thé historiques et de l'académie du clan Chen : le meilleur choix pour deux jours. Zhujiang New Town, sur la rive est, offre les hôtels internationaux modernes avec vue sur la tour, plus chers et plus aseptisés. Enfin, les abords de la gare de Canton Sud ne se justifient que pour une nuit de transit avant un train matinal, la gare étant loin du centre.

Comme partout en Chine, vérifier que l'hôtel accepte les passeports étrangers au moment de réserver, et éviter les périodes de foire commerciale (voir plus bas), où les tarifs s'envolent.

Quand partir

L'automne, d'octobre à décembre, offre le meilleur compromis : chaleur retombée, air plus sec, ciel plus clair. L'hiver reste doux, autour de 15 à 20 °C en journée, ce qui fait de Canton une bonne destination quand le nord de la Chine gèle. L'été, de mai à août, est en revanche éprouvant : chaleur lourde, humidité forte, mousson et typhons possibles sur la côte. Le détail région par région est dans le guide meilleure saison pour partir en Chine.

Deux périodes à noter pour des raisons opposées. La Foire de Canton, en avril et en octobre, remplit les hôtels et fait grimper les prix : à éviter, ou à anticiper longtemps à l'avance. À l'inverse, le Nouvel An chinois transforme la ville avec ses marchés aux fleurs, une tradition cantonaise spectaculaire.

Le verdict

Canton ne se visite pas comme Pékin ou Xi'an : il n'y a pas de site incontestable à cocher. On y vient pour une pratique, le thé du matin, et pour une ville qui vit à toute vitesse entre son île coloniale et ses tours de verre. Deux jours, calés entre Hong Kong et Guilin sur un circuit du Sud, suffisent à comprendre pourquoi la cuisine cantonaise a conquis le monde depuis ce port. Le contexte des grandes cuisines régionales est dans le guide de la cuisine chinoise.

Pour aller plus loin

Questions fréquentes

Combien de jours pour visiter Canton ?
Deux à trois jours suffisent. Une journée pour le centre historique (académie du clan Chen, île de Shamian, parc Yuexiu), une autre pour la ville moderne (Canton Tower, Zhujiang New Town, croisière sur la rivière des Perles), et surtout un ou deux petits-déjeuners consacrés au yum cha, qui est la vraie raison de s'arrêter ici.
Qu'est-ce que le yum cha et comment ça se passe ?
Le yum cha (饮茶, « boire le thé ») désigne le rituel du thé du matin accompagné de dim sum, ces petites bouchées servies en paniers de bambou. On s'installe, on commande du thé, puis on choisit les bouchées, soit sur les chariots qui circulent entre les tables, soit sur un menu à photos. C'est un moment social qui dure une à deux heures, pas un repas expédié.
Où manger les meilleurs dim sum à Canton ?
Les grandes maisons historiques valent le détour autant pour le cadre que pour l'assiette. Panxi (泮溪酒家), ouvert en 1947 dans un jardin classique avec bassins et pavillons, sert encore au chariot. Tao Tao Ju, fondé en 1880, et le Guangzhou Restaurant sont les autres institutions. Lian Xiang Lou est réputé pour ses pâtisseries au lotus. Peu prennent les réservations : arriver avant 10h le week-end.
À quelle heure faut-il aller au yum cha ?
Entre 7h30 et 11h du matin, quand les bouchées sortent des cuisines et que les chariots sont les mieux garnis. Après 11h, le choix se réduit et l'ambiance change. Certaines maisons servent jusqu'à 15h, mais le rituel matinal est le vrai sujet. Le week-end, viser avant 10h pour éviter l'attente dans les adresses réputées.
Comment aller à Canton depuis Hong Kong ?
En train à grande vitesse depuis la gare de Hong Kong West Kowloon jusqu'à Canton Sud : 47 à 50 minutes sur les trains les plus rapides, avec 37 paires de trains par jour. Les contrôles d'immigration se font dans la gare de Hong Kong, avant de monter à bord. C'est la liaison la plus simple du Sud de la Chine, et elle rend l'aller-retour à la journée possible.
Canton est-elle reliée au reste de la Chine en train ?
Oui, c'est l'un des grands nœuds du réseau. Canton Sud dessert Hong Kong (50 min), Guilin (environ 3 h), Shanghai et Pékin (8 h et plus) sur la ligne à grande vitesse nord-sud. La ville est donc une étape logique sur un circuit du Sud, entre Hong Kong et les karsts du Guangxi.
Que voir à Canton en dehors de la cuisine ?
L'académie du clan Chen (1894), chef-d'œuvre d'artisanat cantonais devenu musée d'art populaire, pour une dizaine de yuans. L'île piétonne de Shamian, ancienne concession britannique et française, avec ses avenues bordées d'arbres et ses bâtiments coloniaux. La Canton Tower et ses 604 mètres. Le parc Yuexiu et la rue piétonne de Beijing Road.
Quelle est la meilleure saison pour visiter Canton ?
L'automne (octobre-décembre) et le début du printemps : températures douces et air plus sec. Canton est subtropicale, l'été (mai à août) y est très chaud et très humide, avec la mousson et des typhons possibles. L'hiver reste doux, autour de 15 à 20 °C en journée, ce qui en fait une destination agréable quand le nord de la Chine gèle.
Faut-il parler chinois pour manger à Canton ?
Non. Les grandes maisons de thé ont des menus à photos, et le service au chariot permet de pointer du doigt ce que l'on veut. Les restaurants modernes utilisent la commande par QR code avec photos, à traduire par l'appareil photo du téléphone. Le cantonais domine à l'oral, mais le mandarin est compris partout et l'anglais existe dans les adresses touristiques.

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