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Carnet de Chine

Mandarin de survie : les 25 mots à connaître en voyage

Les mots et caractères vraiment utiles en Chine : ce qu'il faut savoir dire, ce qu'il suffit de reconnaître, et ce que les applications de traduction font mieux que vous.

Par MaxPublié le 6 min de lecture
Écran de quai du métro de Suzhou affichant les noms de stations en caractères chinois doublés en pinyin, temps d'attente des deux prochaines rames et niveau d'affluence par wagon
Un écran de quai à Suzhou : chaque nom de station est doublé en pinyin. La signalétique des transports est bilingue partout.

Voyager en Chine sans parler un mot de chinois fonctionne parfaitement. Le paiement se fait par QR code, les cartes sont dans le téléphone, et la traduction instantanée règle le reste. Ce guide ne prétend donc pas vous apprendre le mandarin.

Il vise autre chose : les quelques mots qui changent la qualité d'un échange, et surtout les caractères qu'il suffit de reconnaître pour cesser d'être perdu dans une gare. La distinction est la clé de tout ce qui suit.

Ce qu'il faut dire, ce qu'il faut reconnaître

Les guides de conversation font tous la même erreur : ils enseignent à parler. Or en Chine, un voyageur passe infiniment plus de temps à lire des panneaux qu'à tenir une conversation.

Savoir dire « bonjour » sert deux fois par jour. Savoir que 出口 signifie sortie sert dix fois par jour, dans chaque station de métro, chaque gare, chaque centre commercial. C'est le meilleur rapport effort-utilité de tout le voyage, et personne n'en parle.

Les huit caractères qui changent la vie

Aucun n'a besoin d'être prononcé. Il suffit de les reconnaître visuellement, comme on reconnaît un pictogramme.

CaractèresSensOù on les voit
入口EntréeGares, sites, parkings
出口SortiePartout, surtout dans le métro
HommesToilettes
FemmesToilettes
洗手间ToilettesPanneaux directionnels
地铁MétroEntrées de station
火车站Gare ferroviairePanneaux routiers, métro
机场AéroportPanneaux routiers, métro

Le plus rentable est 出口. Dans une station chinoise qui compte parfois quinze sorties numérotées, savoir repérer ce caractère évite de tourner en rond. Il se retient vite : deux traits verticaux empilés, une forme de croix superposée.

Les mots qui valent la peine

Bonjour et merci

你好 (nǐ hǎo), à peu près « ni hao ». Bonjour, dans toutes les situations.

谢谢 (xièxie), à peu près « sié-sié ». Merci. C'est de loin le mot le plus rentable du voyage, et pas pour des raisons pratiques.

Un simple xièxie lâché à un serveur, dans un restaurant, a suffi à le laisser sans voix. Il a cru que je parlais chinois et a enchaîné avec des questions auxquelles je n'ai évidemment rien compris. La méprise s'est dissipée en trois secondes, mais l'accueil avait changé pour tout le repas. C'est ce que produit l'effort, même minuscule : il ne sert pas à communiquer, il sert à montrer qu'on essaie.

对不起 (duìbuqǐ), « doueï-bou-tchi ». Pardon, excusez-moi. Utile pour se frayer un passage dans une foule, ce qui arrive souvent.

Le mot le plus utile de tous

这个 (zhège), « djeu-geu ». Celui-ci, ça.

En pointant du doigt, ce seul mot permet de commander un plat sur une carte, d'acheter un objet, de désigner un arrêt sur une carte. Il remplace à lui seul la moitié d'un guide de conversation. Combiné à un doigt tendu et à un sourire, il fonctionne dans à peu près toutes les situations commerciales du pays.

Combien ça coûte

多少钱 (duōshao qián), « douo-chao tchienn ». Combien ça coûte.

Question utile à poser, réponse souvent incompréhensible : les chiffres arrivent vite et les prix se disent parfois en unités familières. Qu'importe, le commerçant affichera le montant sur une calculatrice ou sur son écran de caisse. La question déclenche la réponse, c'est tout ce qu'on lui demande.

太贵了 (tài guì le), « taï gouèï leu ». C'est trop cher. Sur les marchés, à manier avec le sourire.

Au restaurant

不辣 (bú là), « bou la ». Pas épicé. 微辣 (wēi là), « ouèï la ». Légèrement épicé.

Ces deux-là sont indispensables au Sichuan et à Chongqing, où le niveau par défaut dépasse ce qu'un palais français encaisse sans transpirer. Un avertissement : peu épicé selon les standards locaux reste franchement épicé selon les nôtres. Le sujet est développé dans le guide de la cuisine chinoise.

Beaucoup de cartes de restaurant sont illustrées, ce qui règle une grande partie du problème sans un mot.

Se sortir d'un blocage

我不会说中文 (wǒ bú huì shuō zhōngwén), « ouo bou houeï chouo djong-ouenn ». Je ne parle pas chinois. Phrase paradoxale, mais elle coupe court aux questions et déclenche immédiatement le passage au traducteur.

听不懂 (tīng bù dǒng), « ting bou dong ». Je ne comprends pas. Plus court, tout aussi efficace.

Pourquoi la prononciation n'est pas le sujet

Le mandarin est une langue à tons : la hauteur et la courbe de la voix changent le sens d'un mot. Le même son prononcé de quatre façons donne quatre mots différents, ce qui explique qu'un francophone qui débute soit à peu près inintelligible en théorie.

En pratique, le contexte fait le travail. Un merci approximatif lancé en sortant d'un restaurant ne peut pas être confondu avec autre chose. Personne n'attend d'un visiteur qu'il maîtrise les tons, et l'écart entre ce qu'on croit dire et ce qui est entendu se referme tout seul.

La conclusion pratique est libératrice : n'attendez pas de savoir bien prononcer pour essayer. C'est l'essai qui compte, pas la justesse.

Ce que change une langue à caractères

Une différence avec l'Europe mérite d'être comprise avant de partir. Le chinois ne s'écrit pas avec un alphabet : chaque caractère porte un sens, pas un son. Impossible donc de déchiffrer un mot inconnu comme on déchiffre un mot italien ou espagnol sans parler la langue.

C'est ce qui rend le pays plus opaque au premier abord qu'il ne l'est réellement, et ce qui explique l'intérêt disproportionné des huit caractères du début : ils ne s'apprennent pas, ils se photographient mentalement.

Autre conséquence, plus heureuse : les noms de lieux sont partout doublés en pinyin ou en anglais dans les gares, les aéroports et le métro des grandes villes. La signalétique des transports est bilingue, ce qui rend la circulation nettement plus simple que la lecture d'une carte de restaurant.

Le tableau récapitulatif

À garder en capture d'écran avant de partir.

FrançaisCaractèresPinyinPrononciation approximative
Bonjour你好nǐ hǎoni hao
Merci谢谢xièxiesié-sié
De rien不客气bú kèqibou keu-tchi
Pardon, excusez-moi对不起duìbuqǐdoueï-bou-tchi
Ouishìcheu
Non不是bú shìbou cheu
Celui-ci, ça这个zhègedjeu-geu
Je veuxyàoyao
Je n'en veux pas不要bú yàobou yao
Combien ça coûte多少钱duōshao qiándouo-chao tchienn
C'est trop cher太贵了tài guì letaï gouèï leu
Pas épicé不辣bú làbou la
Légèrement épicé微辣wēi làouèï la
Où sont les toilettes洗手间在哪里xǐshǒujiān zài nǎlǐsi-cho-djienn dzaï na-li
Je ne parle pas chinois我不会说中文wǒ bú huì shuō zhōngwénouo bou houeï chouo djong-ouenn
Je ne comprends pas听不懂tīng bù dǒngting bou dong
Un, deux, trois一 二 三yī èr sānyi eur san

Les outils qui font le reste

La traduction par photo

C'est l'outil le plus utile du voyage, et il est déjà dans une application que vous aurez de toute façon installée. La traduction intégrée à Alipay lit un panneau, un menu ou une notice à partir d'une photo et rend un texte compréhensible. Le résultat n'est pas élégant, il est suffisant.

Elle fonctionne sans VPN, ce qui la distingue de Google Traduction. DeepSeek, l'intelligence artificielle chinoise accessible sans contournement, fait aussi très bien le travail sur du texte saisi.

Le traducteur que sortent les Chinois

Voilà ce qu'aucun guide ne dit : dans la plupart des interactions, ce n'est pas vous qui traduisez, c'est votre interlocuteur. Un commerçant, un chauffeur ou un agent de gare dégaine son téléphone, parle dedans, et vous tend l'écran avec la phrase traduite.

C'est devenu le mode de communication normal entre un Chinois et un visiteur étranger, et cela explique pourquoi l'absence d'anglais bloque si rarement. Dans les grandes villes et les lieux touristiques, quelques mots d'anglais circulent ; ailleurs, le téléphone prend le relais sans que personne ne s'en formalise.

Ce qu'il ne sert à rien d'apprendre

Les guides de conversation traditionnels font perdre du temps sur des chapitres devenus inutiles.

Les chiffres au-delà de trois : les prix s'affichent sur les écrans de caisse et dans les applications de paiement. Le vocabulaire des menus : la traduction par photo et les cartes illustrées le remplacent. Les formules de politesse élaborées : personne ne les attend d'un étranger, et un xièxie produit déjà tout l'effet recherché. Les phrases longues, enfin : vous ne comprendrez pas la réponse, ce qui rend la question contre-productive.

Une précision honnête pour finir. J'ai voyagé accompagné de quelqu'un qui parle chinois, ce qui a lissé bien des situations que j'aurais autrement affrontées seul. Ce que je peux affirmer, c'est que les rares fois où j'ai tenté ces quelques mots, ils ont été accueillis avec une chaleur disproportionnée par rapport à l'effort fourni. C'est probablement la meilleure raison de les apprendre.

Pour aller plus loin

Questions fréquentes

Faut-il parler chinois pour voyager en Chine ?
Non. Le paiement mobile, les applications de cartes et la traduction instantanée règlent la quasi-totalité des situations, et les Chinois dégainent eux-mêmes leur traducteur dès qu'ils croisent un étranger. Une poignée de mots reste utile, moins pour se faire comprendre que pour l'effet qu'ils produisent : dire merci en chinois change la température d'un échange.
Quels sont les mots chinois les plus utiles en voyage ?
Six suffisent à couvrir l'essentiel : nǐ hǎo (bonjour), xièxie (merci), duìbuqǐ (pardon), duōshao qián (combien ça coûte), zhège (celui-ci, en pointant du doigt) et xǐshǒujiān (les toilettes). Le plus utile de tous est zhège, qui permet de commander, d'acheter et de demander à peu près n'importe quoi en désignant l'objet.
Quels caractères chinois faut-il savoir reconnaître ?
Huit changent la vie sans qu'on ait besoin de les prononcer : 入口 (entrée), 出口 (sortie), 男 (hommes), 女 (femmes), 洗手间 (toilettes), 地铁 (métro), 火车站 (gare), 机场 (aéroport). Les reconnaître sert dix fois par jour dans les gares, les aéroports et les centres commerciaux, là où savoir dire bonjour ne sert que deux fois.
Les Chinois parlent-ils anglais ?
Un peu dans les grandes villes et les lieux touristiques, très peu ailleurs. Mais l'absence d'anglais ne bloque presque jamais : les gens sortent leur téléphone et parlent dans un traducteur, qui restitue la phrase en français ou en anglais. C'est devenu le mode de communication normal entre un commerçant chinois et un visiteur étranger.
La traduction par photo fonctionne-t-elle en Chine ?
Oui, et c'est l'outil le plus utile du voyage. La fonction intégrée à Alipay traduit un panneau, un menu ou une notice à partir d'une simple photo, avec un résultat suffisant pour comprendre de quoi il s'agit. Elle rend inutile l'apprentissage du vocabulaire des menus, d'autant que beaucoup de cartes de restaurant sont illustrées.
Comment commander sans épice en Chine ?
Deux mots suffisent : bú là (不辣) pour pas épicé du tout, wēi là (微辣) pour légèrement épicé. Ils sont indispensables au Sichuan et à Chongqing, où le niveau par défaut dépasse largement ce qu'un palais français encaisse. Attention : peu épicé selon les standards locaux reste épicé selon les nôtres.
Comment se prononce le mandarin quand on est français ?
Mal, et ce n'est pas grave. Le mandarin est une langue à tons, où la hauteur de la voix change le sens d'un mot : la prononciation exacte demande un vrai apprentissage. Dans la pratique, le contexte fait le travail. Un merci approximatif est parfaitement compris, et l'effort compte davantage que la justesse.
Qu'est-ce que le pinyin ?
La transcription du mandarin en alphabet latin, avec des accents qui notent les tons : nǐ hǎo, xièxie. C'est ce qui permet à un francophone de lire un mot chinois sans connaître les caractères, et c'est aussi ce qu'on tape sur un clavier pour écrire en chinois. Le pinyin suffit à communiquer ; les caractères servent surtout à lire les panneaux.
Faut-il apprendre les chiffres en chinois ?
Ce n'est pas nécessaire. Les prix s'affichent en chiffres arabes sur les écrans de caisse et dans les applications de paiement, et un commerçant tape volontiers le montant sur une calculatrice. Retenir yī, èr, sān pour un, deux, trois peut servir à commander plusieurs unités de la même chose, sans plus.
Quelle application de traduction fonctionne en Chine ?
La traduction intégrée à Alipay fonctionne sans configuration ni VPN, ce qui en fait la solution par défaut. DeepSeek, l'intelligence artificielle chinoise, est accessible sans contournement et traduit bien. Google Traduction exige un VPN actif. Le plus simple reste d'avoir configuré Alipay avant le départ, puisqu'il sert de toute façon à payer.

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