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Carnet de Chine

Toilettes en Chine : ce qui surprend, et ce qui rassure

Occidentales ou accroupies selon les lieux, le papier à toujours emporter, où en trouver en ville : ce qu'il faut vraiment savoir sur les toilettes en Chine.

Par MaxPublié le Mis à jour le 8 min de lecture

C'est l'une des trois questions que se pose systématiquement quiconque prépare un premier voyage en Chine, avec la langue et le paiement. Elle est rarement posée à voix haute, et encore plus rarement traitée sérieusement.

Alors autant répondre tout de suite : c'est un non-sujet. À une règle près, qui tient en un paquet de mouchoirs.

Un non-sujet, à une règle près

Ce à quoi il faut s'attendre

Une petite surprise culturelle dans certains endroits, et rien de plus. Dans les villes, dans les hôtels et sur les sites touristiques, on trouve pratiquement toujours des toilettes occidentales. L'inconfort, quand il existe, se concentre sur des lieux précis qu'on peut anticiper.

La seule chose à ne pas oublier

Du papier. C'est tout, et c'est vraiment tout. Le reste s'improvise, celui-là non.

Ce qui a changé en dix ans

La Chine a lancé au milieu des années 2010 un programme national de rénovation de ses sanitaires publics, étendu ensuite aux campagnes, et le résultat se voit à l'œil nu d'un quartier à l'autre : des blocs entièrement refaits, carrelés et ventilés, cohabitent à quelques rues de distance avec des installations que personne n'a touchées depuis longtemps. Les récentes n'ont rien à envier aux nôtres.

C'est ce qui rend les témoignages contradictoires. Un voyageur revenu en 2012 et un autre revenu l'an dernier ne décrivent pas le même pays, et ils ont tous les deux raison.

Occidentales ou accroupies : la carte du terrain

Les hôtels et les lieux récents

Occidentales, la plupart du temps. Les hôtels vont même souvent plus loin, avec des abattants chauffants de type japonais qu'on ne trouve pas dans un hôtel européen du même prix, comme le détaille le guide pour se loger en Chine.

Les gares : la proportion s'inverse

C'est là que le contraste frappe le plus. Dans une gare, l'écrasante majorité des cabines est en modèle accroupi, autour de quatre-vingt-quinze pour cent, et il arrive qu'une seule cabine occidentale desserve tout un bloc sanitaire. Elle est signalée par un pictogramme sur la porte, et c'est aussi celle devant laquelle il y a une file.

Ce que ça donne selon la région

L'écart entre l'est urbain et l'ouest rural pèse davantage que l'écart entre deux villes. Shanghai, Pékin, Canton, Hangzhou et les grandes destinations touristiques sont largement équipées en occidental dès qu'on entre dans un bâtiment ; une petite ville du Sichuan ou du Hunan, un village le long d'une route de montagne ou une aire de repos entre deux sites suivent une autre logique, et c'est là qu'on rencontre le modèle accroupi sans alternative.

Les parcs et les sites naturels

Souvent uniquement accroupi. C'est logique : ces installations servent un flux considérable, se nettoient au jet, et le modèle sans contact est plus simple à entretenir. Mieux vaut le savoir avant de partir en randonnée pour la journée.

Les trains, qui font exception

Les rames modernes proposent les deux modèles, signalés à la porte, et l'état de propreté y est remarquable : le personnel passe plusieurs fois par trajet. Le détail figure dans le guide du train à grande vitesse, qui traite aussi de ce qu'on trouve à bord.

Les toilettes à la turque, en pratique

Le geste, une fois pour toutes

On s'accroupit face à la porte, un pied de chaque côté de la cuvette, sur les repères antidérapants quand ils existent. La position demande un peu d'équilibre au début. Deux fois suffisent à ne plus y penser.

L'erreur à éviter

Poser son sac par terre. Le sol est souvent mouillé, et les crochets manquent parfois. Un sac en bandoulière gardé sur soi résout la question sans y réfléchir.

Pourquoi ce modèle domine

Ce n'est pas une question de moyens. Le modèle accroupi ne demande aucun contact avec l'installation, ce qui le rend nettement plus simple à maintenir propre dans un lieu qui reçoit des milliers de passages par jour, et il se nettoie au jet en quelques minutes là où une cuvette classique demande un traitement individuel. Beaucoup de Chinois le préfèrent d'ailleurs pour des raisons d'hygiène, et considèrent la cuvette occidentale partagée comme le choix discutable.

Ce qui gêne réellement

Pas la position, en général, mais le genou. Les personnes qui ont des problèmes articulaires ou qui portent une jupe longue trouvent l'exercice nettement moins anodin, et c'est pour elles que repérer la cabine occidentale vaut le détour.

Le papier : la seule vraie règle

En avoir toujours sur soi

Il arrive qu'il y en ait. C'est l'exception, pas l'usage, et la différence avec l'Europe tient là : chez nous l'absence de papier est un incident, en Chine c'est l'état par défaut d'une bonne partie des sanitaires publics. Un paquet de mouchoirs dans la poche couvre la journée, et se rachète pour presque rien dans n'importe quelle supérette de quartier, où le rayon est généralement à l'entrée.

Les distributeurs à QR code

Voici le détail qu'aucun guide francophone ne mentionne. Certains blocs sanitaires disposent d'un distributeur payant : on scanne un QR code, on règle par téléphone, et l'appareil délivre quelques feuilles. Le système suppose Alipay ou WeChat Pay configurés, ce qui est de toute façon indispensable partout ailleurs dans le pays.

C'est ingénieux et légèrement absurde. Ça dépanne surtout ceux qui ont oublié la règle précédente.

Ne pas jeter le papier dans la cuvette

Dans les installations anciennes, une corbeille est prévue à côté, et l'usage local est d'y jeter le papier. Les réseaux récents encaissent sans difficulté, mais la corbeille reste la norme dans beaucoup d'endroits : sa présence est le meilleur indicateur.

L'odeur, la question que personne ne pose

Elle se pose pourtant, et la réponse est honnête : cela dépend entièrement de l'endroit et de l'heure. Un bloc sanitaire récent dans un centre commercial ne sent rien. Une installation ancienne en fin de journée, dans un lieu très fréquenté, peut être franchement désagréable, et c'est vrai des sanitaires publics de n'importe quel pays soumis à la même charge. Le repérage visuel suffit à trancher : si l'entrée est carrelée et sèche, tout ira bien.

Le savon, et le geste qui va avec

Rarement disponible

Les lavabos sont là et l'eau coule. Le savon, lui, manque souvent dans les lieux publics — distributeur vide, ou absent. C'est le point sur lequel l'écart avec l'Europe reste le plus net.

Le gel hydroalcoolique, la vraie réponse

Un petit flacon dans le sac règle la question définitivement, et sert bien au-delà des toilettes : avant un repas de rue, après une rampe de métro, après un billet de banque. Il rejoint la courte liste de ce qui vaut la peine d'être emporté, détaillée dans ce qu'il faut mettre dans sa valise et dans le guide de la santé en voyage.

Où en trouver quand on cherche

Le métro, la solution la plus rapide

Les stations en sont équipées, gratuitement. Dans une ville chinoise, on n'est presque jamais à plus de dix minutes d'une station, ce qui en fait le réflexe le plus fiable quand on se promène.

Les centres commerciaux, les plus confortables

C'est le meilleur choix quand on a le luxe de choisir. Installations récentes, entretien régulier, savon parfois présent, et une cabine occidentale garantie. Ils sont partout dans les centres-villes et l'entrée est libre.

Les restaurants et les cafés

Comme partout, mais avec une nuance : personne ne s'offusque qu'on entre pour cela dans un grand établissement ou une chaîne. Dans une petite gargote, la question ne se pose pas de la même façon, l'installation étant souvent minimale.

Sur les sites touristiques

Les grands sites disposent tous de blocs sanitaires, souvent rénovés et bien signalés, mais avec une contrainte propre : les files aux heures de pointe. Sur un site où l'on entre par créneau horaire, comme la plupart de ceux décrits dans le guide de la réservation des billets, l'affluence se concentre juste après l'ouverture des portes, et passer par les toilettes avant d'entrer fait gagner un quart d'heure.

Les toilettes publiques de rue

Elles existent, elles sont gratuites, et elles sont bien plus nombreuses qu'en Europe. Leur état varie énormément d'un quartier à l'autre, ce qui raconte au passage l'avancement des rénovations urbaines — c'est particulièrement lisible dans les hutongs de Pékin, où elles constituent l'équipement sanitaire quotidien des habitants.

Les écrans qui montrent les cabines libres

Ce qu'on voit à l'entrée

Certains blocs sanitaires modernes affichent un écran au-dessus de la porte : un plan des cabines, avec des pastilles qui changent d'état en temps réel selon qu'une porte est ouverte ou fermée. On voit les points bouger. On sait donc avant d'entrer s'il y a de la place, et où.

Pourquoi c'est plus utile qu'il n'y paraît

Aux heures de pointe dans une gare, cela évite de faire la queue devant une cabine occupée alors qu'une autre se libère trois portes plus loin. C'est typique d'une certaine approche chinoise des lieux publics, où l'on instrumente ce que d'autres laissent au hasard.

Où on en croise

Dans les gares avant tout, et la raison est évidente une fois qu'on y est : c'est le seul endroit où l'on a un train à prendre et où perdre trois minutes devant une porte fermée coûte quelque chose. Les grands centres commerciaux et les sites touristiques rénovés en ont aussi, plus rarement.

C'est encore loin d'être la norme, et c'est précisément ce qui rend la première rencontre amusante.

Lire les panneaux, et demander son chemin

Les deux caractères à reconnaître

désigne les hommes, les femmes. Ils figurent sur les portes même quand aucun pictogramme ne les accompagne, et les confondre est l'erreur classique du premier jour. Un moyen mnémotechnique tient : le second porte une forme arrondie, presque assise, que le premier n'a pas.

Le mot qui ouvre toutes les portes

Xǐshǒujiān, 洗手间, littéralement la pièce où l'on se lave les mains. Prononcé approximativement, il est compris partout, et un simple regard interrogateur suffit à obtenir un geste en réponse. C'est l'un des vingt-cinq mots que retient le guide de mandarin de survie, et probablement celui qui sert le plus vite.

Les repérer sur une carte

Les applications de cartographie chinoises signalent les toilettes publiques comme n'importe quel autre point d'intérêt, avec leurs horaires quand ils existent. C'est un usage auquel on ne pense pas et qui règle la question en dix secondes dans un quartier inconnu — le kit d'applications à installer détaille laquelle choisir selon qu'on lit ou non les caractères.

Les cas particuliers

Les toilettes sans porte

Cela existe encore : un simple muret entre deux cuvettes, sans porte ni cloison complète. C'est devenu rare, et cantonné à des endroits reculés ou peu fréquentés. Un voyageur qui reste dans les grandes villes et sur les sites connus a très peu de chances d'en croiser une.

Les enfants, et les pantalons fendus

On croise encore, surtout hors des grandes villes, de très jeunes enfants portant le kaidangku, un pantalon fendu à l'entrejambe qui dispense de la couche et permet à l'enfant de faire ses besoins sans être déshabillé. L'usage recule vite dans les grandes villes, où la couche jetable s'est imposée comme partout ailleurs, mais il reste courant à la campagne et il surprend franchement la première fois qu'on le comprend. Le sujet est abordé dans le guide de la Chine en famille.

Ce qu'on ne trouve pas

Peu de tables à langer hors des centres commerciaux récents, et un accès pour les personnes à mobilité réduite très inégal selon l'âge du bâtiment : les gares à grande vitesse et les sites rénovés sont correctement équipés, le reste beaucoup moins.

Pas de sèche-mains non plus dans la majorité des installations publiques, ce qui rejoint la question du savon et se règle avec le même petit paquet de mouchoirs.

Ce qu'il faut retenir

Occidentales dans les hôtels, les centres commerciaux et les lieux récents ; accroupies dans les gares, les parcs et les sites naturels. Du papier dans la poche, toujours, et du gel hydroalcoolique parce que le savon manque souvent. Le métro pour dépanner, le centre commercial pour le confort. Et si un écran à l'entrée affiche des pastilles qui bougent, on saura avant d'entrer quelle cabine est libre.

Pour aller plus loin

Questions fréquentes

Les toilettes en Chine sont-elles un problème pour un touriste ?
Non, pas vraiment. Dans les villes et sur les sites touristiques, on trouve presque toujours des toilettes occidentales, en particulier dans les hôtels, les centres commerciaux et les bâtiments récents. La surprise vient plutôt des gares et des parcs, largement équipés en modèle accroupi. La seule précaution qui compte vraiment est d'avoir du papier sur soi.
Y a-t-il des toilettes occidentales en Chine ?
Oui, et davantage qu'on ne l'imagine. Les hôtels en sont équipés, souvent avec des abattants chauffants de type japonais, comme les centres commerciaux et la plupart des lieux publics construits ou rénovés récemment. Dans les gares en revanche, la proportion s'inverse nettement en faveur du modèle accroupi, avec parfois une seule cabine occidentale par bloc sanitaire.
Faut-il emporter du papier toilette en Chine ?
Oui, sans hésiter, et c'est la seule règle vraiment non négociable. Il arrive qu'il y en ait sur place, mais c'est l'exception plutôt que l'usage. Un paquet de mouchoirs dans la poche règle la question pour la journée, et se rachète partout, dans n'importe quelle supérette.
Trouve-t-on du savon dans les toilettes publiques chinoises ?
Rarement. Les lavabos sont là, l'eau coule, mais le distributeur de savon est souvent vide ou absent dans les lieux publics. Emporter un petit flacon de gel hydroalcoolique règle le problème une fois pour toutes, et sert aussi avant les repas de rue.
Comment utiliser des toilettes à la turque ?
On s'accroupit face à la porte, pieds de part et d'autre de la cuvette, sur les repères antidérapants quand il y en a. La position demande un peu de souplesse et d'équilibre, mais elle s'acquiert en une ou deux fois. Poser son sac au sol est la seule erreur à éviter : mieux vaut le garder en bandoulière ou l'accrocher au dos de la porte.
Où trouver des toilettes en ville en Chine ?
Les stations de métro en sont équipées, gratuitement, et c'est souvent la solution la plus rapide. Les centres commerciaux restent le choix le plus confortable, avec des installations récentes et propres. Les restaurants, les gares et les toilettes publiques de rue complètent le maillage, qui est bien plus dense qu'en Europe.
Les toilettes publiques sont-elles payantes en Chine ?
L'accès est gratuit dans l'immense majorité des cas, y compris dans le métro et dans les toilettes publiques de rue. Ce qui peut être payant, en revanche, c'est le papier : certains blocs sanitaires proposent un distributeur qui délivre quelques feuilles après lecture d'un QR code et paiement mobile.
Les toilettes des trains chinois sont-elles propres ?
Oui, et c'est l'un des points où le réseau à grande vitesse impressionne. Le personnel passe plusieurs fois par trajet, les deux modèles sont proposés dans la plupart des rames, et l'état général reste bon même en fin de parcours. Le papier y est présent la plupart du temps, sans que cela dispense d'avoir le sien.
Y a-t-il des toilettes sans porte en Chine ?
Cela existe encore, mais c'est devenu rare et cantonné à des endroits reculés ou peu fréquentés : un simple muret sépare alors les cuvettes, sans porte ni cloison complète. Un visiteur qui reste dans les grandes villes et sur les sites connus a très peu de chances d'en croiser.
Qu'est-ce que les écrans à l'entrée des toilettes en Chine ?
Certains blocs sanitaires modernes affichent sur un écran la disponibilité des cabines en temps réel, souvent sous forme de pastilles colorées qui changent d'état quand une porte s'ouvre ou se ferme. On sait ainsi avant d'entrer s'il y a de la place, et laquelle. C'est anecdotique et pourtant très pratique aux heures de pointe.

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