Palais d'Été de Pékin : quelle porte et quel billet
Pas un palais mais un jardin de 290 hectares aux trois quarts sous l'eau. Quelle porte, quel billet, quel sens de visite et combien de temps prévoir.

Dans cet article
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Le Palais d'Été porte mal son nom en français. Ce n'est pas un palais mais un parc de 290 hectares dont les trois quarts sont sous l'eau, et l'on n'y vient pas voir un bâtiment mais un paysage composé, où chaque pavillon, chaque pont et chaque perspective ont été placés pour cadrer une vue.
C'est aussi le grand site pékinois qui saute en premier quand le séjour raccourcit, parce qu'il se trouve au nord-ouest et demande une demi-journée. Ce guide dit ce qu'on y voit, par quelle porte entrer, quel billet prendre, et pourquoi une visite bâclée n'a pas grand intérêt.
Les numéros suivent la traversée qui évite de revenir sur ses pas : entrer à l'est, descendre la rive jusqu'au pont, remonter par la Longue Galerie, monter à la tour, finir par la rue Suzhou et sortir au nord. Les pastilles foncées sont les deux portes et leurs stations de ligne 4 — la station Xiyuan est à un bon quart d'heure de marche de la porte est, ce que le plan du métro ne laisse pas deviner.
- Station Xiyuan, ligne 4
- La porte est, l'entrée impériale
- La salle de la Bienveillance et de la Longévité
- Le pont aux dix-sept arches
- L'île de Nanhu
- La Longue Galerie
- La tour du Parfum de Bouddha
- Le bateau de marbre
- La rue Suzhou
- La porte nord et sa station, Beigongmen
Un jardin, pas un palais
Ce que le mot recouvre
Yiheyuan, « le jardin de la Santé et de l'Harmonie », est la résidence d'été de la cour des Qing. L'ensemble s'organise autour de deux éléments : le lac Kunming, artificiel, qui couvre les trois quarts du site, et la colline de la Longévité, tout aussi artificielle, bâtie avec la terre retirée du lac. Rien ici n'est naturel, et c'est précisément le sujet.
Le classement à l'UNESCO salue cette idée : un paysage entier conçu comme une œuvre, où l'art des jardins chinois atteint son échelle maximale.
Détruit deux fois, reconstruit deux fois
Le site a brûlé en 1860, pillé et incendié par le corps expéditionnaire franco-britannique pendant la seconde guerre de l'Opium, puis de nouveau endommagé en 1900 lors de la révolte des Boxers. Ce qu'on visite aujourd'hui est donc une reconstruction de la fin du XIXᵉ siècle, menée sous l'impératrice douairière Cixi.
Cette histoire n'est pas anecdotique : elle explique pourquoi l'ensemble paraît homogène alors qu'il couvre plusieurs siècles d'aménagement, et pourquoi certains bâtiments ont un air victorien qui détonne. Le contexte dynastique est déroulé dans le guide de l'histoire impériale.
Un contrepoint au palais du centre
Les deux se visitent dans le même séjour et n'ont rien de commun. La Cité interdite est minérale, axiale, conçue pour impressionner par la répétition et l'ordre. Le Palais d'Été est ouvert, courbe, et l'architecture y ponctue la promenade au lieu de la commander.
C'est aussi le seul grand site pékinois où l'on s'assoit : sur un banc de la galerie, au bord de l'eau, sur les marches d'un pavillon. Après trois jours de files et de cours successives, ça compte.
Par quelle porte entrer
La porte est, l'entrée impériale
Donggongmen est l'entrée historique, celle par laquelle la cour arrivait. On y trouve d'abord la salle de la Bienveillance et de la Longévité, où la cour traitait les affaires, puis les appartements, et le paysage s'ouvre d'un coup sur le lac. C'est l'ordre pour lequel le site a été dessiné, et le meilleur choix pour une première visite. Métro ligne 4, station Xiyuan.
La porte nord, et la rue Suzhou
Beigongmen dépose directement au pied de la rue Suzhou, un canal bordé d'échoppes reconstituées qui imite les villes d'eau du Jiangnan, et que la cour utilisait comme décor de jeu. On bascule ensuite sur le versant du lac. C'est l'entrée la plus pratique en métro, station Beigongmen sur la même ligne 4.
Le sens qui évite de revenir sur ses pas
Le site se traverse, il ne se boucle pas. Entrer par une porte et ressortir par l'autre économise une heure de marche et évite de refaire le tour du lac à l'envers. En pratique : entrer à l'est, longer la galerie vers l'ouest, monter à la tour, redescendre côté nord et sortir à Beigongmen. Ou l'inverse.
Les cinq choses à voir
La Longue Galerie
728 mètres de galerie couverte qui longe le lac au pied de la colline, et le plus long corridor peint du monde. Chaque poutre porte une scène différente — paysages, épisodes de romans, légendes — pour plusieurs milliers de panneaux. On la parcourt lentement en levant la tête, et elle sert accessoirement d'abri, ce qui la rend précieuse sous la pluie comme en pleine canicule.
La tour du Parfum de Bouddha
Perchée à mi-pente de la colline de la Longévité, c'est le point de vue du site : le lac entier, la digue ouest, l'île de Nanhu et, par temps clair, les collines de l'Ouest. La montée se mérite. Elle n'est accessible qu'avec le billet combiné, et c'est la principale raison de le prendre.
Le bateau de marbre
Un pavillon en forme de navire, posé sur une base de pierre au bord de l'eau, qui ne navigue évidemment pas. On le présente partout comme le symbole des fonds de la marine impériale détournés par Cixi pour financer sa résidence. L'histoire circulait déjà à l'époque comme une critique politique ; elle est plus solide comme pamphlet que comme fait comptable, et mieux vaut la raconter ainsi.
Le pont aux dix-sept arches et l'île de Nanhu
Cent cinquante mètres de pont de pierre relient la rive est à l'île de Nanhu, avec plus de cinq cents lions sculptés sur les balustres, tous différents. Au solstice d'hiver, le soleil couchant traverse les arches et les illumine par en dessous : c'est le rendez-vous des photographes pékinois, une poignée de jours par an.
La rue Suzhou
Un canal bordé de boutiques reconstituées, dans le style des villes d'eau du Sud. C'est un décor, assumé comme tel, construit pour que la cour puisse jouer à faire ses courses sans quitter le domaine. Ça amuse ou ça agace, mais ça dit quelque chose de ce qu'était la vie derrière ces murs.
Billets, horaires et le piège du billet simple
Deux billets, et lequel prendre
Le billet simple coûte 30 ¥ d'avril à octobre et 20 ¥ de novembre à mars. Il donne accès au parc, au lac, à la Longue Galerie et au pont aux dix-sept arches, ce qui représente déjà l'essentiel de la promenade.
Le billet combiné monte à 60 ¥ en haute saison et 50 ¥ en basse, et ajoute la tour du Parfum de Bouddha, la rue Suzhou et la galerie Wenchang. Pour une première visite, la différence de trente yuans se justifie par la seule tour : c'est le point d'où l'on comprend la composition d'ensemble, et sans elle on parcourt un jardin sans jamais le voir.
Horaires
Ouverture à 6 h 30 d'avril à octobre, fermeture à 18 h. En basse saison, de novembre à mars, 7 h à 17 h. Ce sont des horaires de parc, larges, et l'ouverture matinale est une vraie occasion : à sept heures, le site appartient aux Pékinois qui viennent y marcher.
Réserver, ou pas
Moins strict qu'à la Cité interdite, qui exige une réservation nominative sept jours à l'avance. Ici le guichet fonctionne encore, au prix d'une file. Réserver la veille en ligne reste conseillé au printemps et à l'automne, quand la météo attire tout le monde en même temps. Le passeport sert d'identifiant à la réservation comme au contrôle, et le mécanisme est le même que pour les autres sites, détaillé dans le guide des applications à installer.
Y aller, et combien de temps y rester
Le métro, et rien d'autre
Ligne 4 : Beigongmen pour la porte nord, Xiyuan pour la porte est. Comptez trois quarts d'heure à une heure depuis le centre historique. Le VTC ne fait pas mieux aux heures pleines et coûte davantage, comme partout à Pékin.
Une demi-journée, pas moins
Trois à quatre heures pour l'essentiel en marchant sans courir. Le site fait 290 hectares et la seule galerie en compte 728 mètres : en dessous de deux heures, on traverse sans voir. Une journée entière permet d'ajouter le tour du lac et l'île sans regarder sa montre.
Ce qu'on peut y enchaîner
Rien, ou presque, et c'est le piège. Le site est excentré, et lui adjoindre un second grand site oblige à retraverser la ville. Le seul enchaînement raisonnable garde le Palais d'Été pour la matinée et laisse la fin de journée aux hutongs du nord. C'est pour cette raison qu'il ne rentre pas dans un séjour de quatre jours, comme l'explique l'itinéraire de quatre jours à Pékin.
Le site de Cixi, plus que celui des empereurs
Une résidence qui devient un siège du pouvoir
C'est l'impératrice douairière Cixi qui a fait reconstruire l'ensemble à partir de 1888, et qui y a passé l'essentiel de ses dernières décennies. Le Palais d'Été n'était donc pas seulement un lieu de villégiature : la cour s'y déplaçait, les audiences s'y tenaient, et une partie des décisions de la fin des Qing s'y sont prises, à une heure de cheval de la Cité interdite.
Cela se lit dans la disposition. Les bâtiments d'apparat et les appartements occupent le premier tiers du site, côté est, avant que le paysage ne s'ouvre. On traverse un lieu de gouvernement avant d'entrer dans un jardin.
Le théâtre de Dehe Yuan
Le bâtiment le plus révélateur du site, et le plus souvent manqué. Cixi aimait l'opéra, et elle s'est fait construire une scène sur trois niveaux, avec trappes, poulies et réservoir d'eau, permettant de faire apparaître des personnages par le haut comme par le bas. C'est l'un des plus grands théâtres impériaux conservés de Chine.
On y mesure autre chose qu'un goût personnel : le coût d'entretien d'une cour qui continuait de vivre sur ce pied pendant que l'empire perdait ses guerres.
Ce que la légende du bateau raconte vraiment
L'histoire des fonds de la marine détournés pour financer le jardin a servi, dès l'époque, à expliquer la défaite navale de 1895 face au Japon. Les historiens la nuancent : des transferts ont eu lieu, mais l'état de la flotte tenait à bien d'autres causes. Ce qui reste vrai, c'est qu'un pavillon de pierre en forme de navire, au bord d'un lac artificiel, était déjà perçu comme une provocation par les contemporains. Le contexte est développé dans le guide de l'histoire impériale.
Quand y aller
Automne d'abord, hiver pour les curieux
L'automne l'emporte : ciel dégagé, lumière basse sur l'eau, et la foule retombée après les vacances nationales du début octobre. Le printemps suit, pour les floraisons. L'été reste praticable parce que le lac rafraîchit et que les barques sortent.
L'hiver a ses partisans, et l'argument est sérieux : le lac Kunming gèle assez pour qu'on y marche, le site se vide, et la composition apparaît d'autant mieux que la végétation a disparu.
Ce qu'il faut éviter
La Golden Week du 1er au 7 octobre, comme partout en Chine, et les week-ends de printemps où les Pékinois viennent en famille. Le lundi ne pose pas de problème ici, le parc restant ouvert, mais certains bâtiments intérieurs ferment ce jour-là hors période estivale.
L'heure
Le matin à l'ouverture, sans hésiter. Non pas seulement pour éviter les groupes, qui arrivent en milieu de matinée, mais parce que c'est l'heure où le parc sert à ce à quoi il sert vraiment aujourd'hui : des Pékinois qui marchent, chantent et jouent au bord de l'eau, exactement comme au Temple du Ciel.
Pour aller plus loin
Questions fréquentes
- Combien coûte l'entrée au Palais d'Été ?
- Trente yuans d'avril à octobre, vingt yuans de novembre à mars pour le billet simple, qui donne accès au parc, au lac Kunming, à la Longue Galerie et au pont aux dix-sept arches. Le billet combiné, soixante yuans en haute saison et cinquante en basse, ajoute la tour du Parfum de Bouddha, la rue Suzhou et la galerie Wenchang. Pour une première visite, le combiné vaut la différence : la tour est le seul point d'où l'on embrasse le lac entier.
- Par quelle porte entrer au Palais d'Été ?
- Par la porte est si l'on veut l'ordre historique, puisque c'est l'entrée impériale et que le parcours se déroule ensuite naturellement vers le lac. Par la porte nord si l'on arrive en métro par la ligne 4 à Beigongmen et que l'on veut commencer par la rue Suzhou avant de basculer sur le versant du lac. Le seul vrai mauvais choix est d'entrer par une porte et de ressortir par la même : le site se traverse, il ne se boucle pas.
- Combien de temps faut-il pour visiter le Palais d'Été ?
- Une demi-journée pour l'essentiel, soit trois à quatre heures en marchant sans courir. Le site fait 290 hectares et la seule Longue Galerie mesure 728 mètres, ce qui donne l'échelle. Une journée entière permet d'ajouter l'île de Nanhu, le tour du lac et la rue Suzhou sans regarder sa montre. En dessous de deux heures, on ne fait que traverser.
- Le Palais d'Été se réserve-t-il à l'avance ?
- C'est recommandé sans être aussi strict qu'à la Cité interdite. Les billets s'achètent en ligne, et se présenter au guichet reste possible la plupart du temps, au prix d'une file. Au printemps et à l'automne, quand la météo est idéale et la fréquentation à son sommet, réserver la veille évite une heure d'attente. Le passeport sert d'identifiant à la réservation comme au contrôle.
- Comment aller au Palais d'Été depuis le centre de Pékin ?
- Par la ligne 4 du métro : station Beigongmen pour la porte nord, station Xiyuan pour la porte est. Compter quarante-cinq minutes à une heure depuis le centre historique, ce qui fait du Palais d'Été un des sites les plus excentrés du programme classique. C'est la raison pour laquelle il saute en premier quand le séjour se limite à quatre jours.
- Quelle est la meilleure saison pour le Palais d'Été ?
- L'automne, de fin septembre à début novembre : ciel dégagé, lumière basse sur le lac, et la foule un peu retombée après les vacances nationales. Le printemps fonctionne aussi, avec les floraisons. L'été est lourd mais le lac rafraîchit et les barques sortent. L'hiver a ses partisans : le lac Kunming gèle et l'on marche dessus, dans un site presque vide.
- Qu'est-ce que le bateau de marbre du Palais d'Été ?
- Un pavillon en forme de bateau, bâti sur une base de pierre au bord du lac, qui ne navigue évidemment pas. Il date du XVIIIᵉ siècle et a été reconstruit à l'occidentale au XIXᵉ. On le présente souvent comme le symbole des fonds détournés de la marine impériale par l'impératrice Cixi, mais l'anecdote est plus solide comme critique politique de l'époque que comme fait comptable établi.
- Le Palais d'Été vaut-il le détour si l'on a déjà vu la Cité interdite ?
- Oui, parce que ce n'est pas la même chose. La Cité interdite est un enchaînement de cours minérales, conçu pour impressionner par l'ordre et l'échelle. Le Palais d'Été est un paysage composé, où l'eau occupe les trois quarts de la surface et où l'architecture ponctue la promenade au lieu de la commander. C'est la respiration d'un séjour pékinois, et le seul grand site où l'on s'assoit.
- Qu'est-ce que la Longue Galerie du Palais d'Été ?
- Une galerie couverte de 728 mètres qui longe le lac au pied de la colline de la Longévité, et le plus long corridor peint du monde. Chaque poutre porte une scène différente, plusieurs milliers en tout, tirées de romans, de paysages et de légendes. Elle sert accessoirement d'abri, ce qui la rend précieuse un jour de pluie comme un jour de canicule.
- Peut-on faire le Palais d'Été et un autre site le même jour ?
- Difficilement, et c'est le piège. Le site est au nord-ouest, à trois quarts d'heure du centre, et il demande une demi-journée sur place. Y ajouter un second grand site oblige à traverser la ville une seconde fois. Le seul enchaînement raisonnable est avec le Palais d'Été le matin et une fin de journée dans les hutongs du nord, ou rien.
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