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Carnet de Chine

Bureau feng shui : où le placer et comment l'orienter

La position du plan de travail avant tout le reste : pourquoi pas dos à la porte, ni dos à la fenêtre, ni face au mur, et ce qu'on fait quand la pièce impose.

Par MaxPublié le Mis à jour le 7 min de lecture
Salle de réception d'un jardin classique chinois : une table de bois sombre adossée au mur du fond sous un grand paysage peint encadré de deux calligraphies, deux fauteuils de part et d'autre, lanternes à pompons rouges suspendues et cloisons à claire-voie de chaque côté
Une salle de réception du jardin Yu, à Shanghai. La table est adossée au mur, sous un paysage peint, et fait face à l'entrée : la disposition n'a rien d'ornemental.

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La plupart des conseils qu'on lit sur le bureau feng shui portent sur des objets à poser : une plante ici, un cristal là, une couleur au mur. Ils passent à côté de la seule question qui structure tout le reste, celle de savoir où le meuble est placé et dans quel sens on s'assoit.

Ce guide prend les choses dans cet ordre, puis descend vers les réglages.

La position, qui décide de tout

La position de commandement

Le dos à un mur plein, le regard vers la porte, mais hors de son axe direct. C'est la disposition que la tradition appelle position de commandement, et c'est exactement la règle qui vaut pour le lit dans le guide de la chambre feng shui.

L'idée est double : un appui solide derrière soi, et la vue sur ce qui arrive sans être placé dans le flux. Les salles de réception des maisons chinoises anciennes l'appliquent à la lettre, avec le siège du maître adossé au mur du fond, face à l'entrée.

Dos à la porte, l'erreur la plus fréquente

C'est la position que la discipline refuse le plus nettement, et celle que produisent la plupart des aménagements improvisés, puisqu'on pousse le bureau contre le mur libre sans réfléchir au sens.

Le reproche traditionnel est la vulnérabilité. L'observation courante dit la même chose sans vocabulaire : on sursaute quand quelqu'un entre, on se retourne à chaque bruit, et une part de l'attention reste occupée par ce qu'on ne voit pas.

Dos à la fenêtre

Même logique que le mur plein derrière une tête de lit : une ouverture ne soutient pas. L'argument pratique est plus convaincant encore, parce qu'une fenêtre dans le dos met l'écran à contre-jour du matin au soir et impose des reflets permanents.

La fenêtre sur le côté règle les deux problèmes d'un coup, et c'est la disposition que recommandent également les ergonomes.

Face au mur

La troisième mauvaise position, et la plus répandue dans les petits logements. Le regard bute à cinquante centimètres et ne se repose jamais, alors qu'il a besoin de partir loin plusieurs fois par heure.

Quand la pièce ne permet rien

C'est le cas le plus courant, et la discipline prévoit des compensations plutôt que des renoncements. Un miroir qui rend la porte quand on lui tourne le dos. Un paysage encadré qui rend de la profondeur face à un mur. Un rideau qui adoucit une fenêtre qu'on ne peut pas contourner.

Aucune ne vaut la bonne position, et toutes valent mieux que rien.

Le tableau ci-dessous résume les cinq configurations possibles, ce que chacune coûte et par quoi on la rattrape. Il vaut la peine de repérer la sienne avant de lire la suite, parce que c'est elle qui décide si les réglages qui suivent auront un effet ou non.

PositionCe qu'elle coûteLa compensation
Dos au mur, face à la porte hors de son axerien, c'est celle qu'on cherche—
Dos à la portel'attention surveille ce qu'elle ne voit pasun miroir qui rend la porte, ou un siège pivotant
Dos à la fenêtreaucun appui, et l'écran à contre-jourun rideau, ou la fenêtre ramenée sur le côté
Face au murle regard ne part jamais loinun grand paysage encadré, ou un miroir vers la pièce
Dans l'axe direct de la porteon travaille dans le passagedécaler d'un mètre, ou poser un écran végétal

L'orientation, une fois la position réglée

Ce que porte chaque direction

Chaque secteur relève d'un élément, selon la répartition détaillée dans le guide du bagua. L'est et le sud-est relèvent du bois, l'ouest et le nord-ouest du métal, le nord de l'eau, le sud du feu.

Les secteurs qu'on invoque pour le travail

L'est et le sud-est reviennent le plus souvent, parce que le bois est l'élément de la croissance et de l'élan. Dans la lecture occidentale des neuf domaines, le nord porte la carrière et le sud-est la prospérité, ce qui explique qu'on les recommande pour un poste de travail.

Pourquoi elle passe après

Parce qu'un bureau parfaitement orienté et tourné vers un mur, dos à la porte, reste un mauvais bureau. Les listes en ligne inversent régulièrement ces deux étages, et c'est ce qui rend leurs conseils inapplicables : on ne choisit pas l'orientation d'une pièce, on choisit où l'on pose un meuble dedans.

Ce qu'on a devant soi et derrière soi

La montagne dans le dos

Le mur plein derrière le siège porte un nom dans la tradition : c'est la montagne, l'appui. Les salles de réception anciennes le rendent visible en accrochant un paysage de montagne juste au-dessus du siège principal, pour que l'appui soit représenté autant qu'éprouvé.

Ce que le regard rencontre

L'idéal est une ouverture, une perspective, quelque chose qui porte loin. À défaut, une image qui en donne l'illusion. Ce qu'on évite en face de soi : une arête de meuble, un angle de mur saillant, une pile de rangements qui menace.

Le miroir, à éviter ici

Il est utile pour rendre une porte qu'on ne voit pas, et nuisible partout ailleurs dans un bureau. Un miroir face au plan de travail double le désordre et renvoie le mouvement, ce qui est le contraire de ce qu'on cherche. Le cas de la chambre, traité à part, obéit à une logique voisine.

Le plan de travail lui-même

La forme

Les plateaux rectangulaires et les angles adoucis reviennent dans toutes les recommandations, et les formes en L sont jugées moins favorables parce qu'elles créent un angle rentrant dirigé vers l'utilisateur. Le critère est le même que pour les feuilles de plante : arrondi plutôt que pointu.

Ce qui s'accumule dessus

C'est le point sur lequel la tradition et le bon sens ne divergent pas d'un millimètre. Un plan encombré retient le souffle dans le vocabulaire du feng shui, et empêche de travailler dans le langage de tout le monde.

Le dossier du siège

Il compte autant que le mur derrière. Un dossier haut et plein prolonge l'appui, un siège sans dossier le supprime. C'est le détail le moins cité et le plus facile à corriger.

Les couleurs

Le blanc et le gris

Le métal, dont l'idée est la clarté et la coupe. Ce sont les teintes qui conviennent le mieux à un lieu où l'on trie et où l'on décide. Leur limite est la froideur, qu'une touche de bois corrige.

Le vert

Le bois, l'élément de la croissance, et la couleur la plus souvent associée au travail. Elle se pose par petites surfaces, un objet, un textile, une plante, plutôt que sur un mur entier.

Ce qu'on évite

Le rouge en grande surface, qui excite là où l'on cherche la concentration. Et les teintes sombres et mates, qui tirent la pièce vers le yin, c'est-à-dire vers le repos. Le détail par orientation figure dans le guide des couleurs feng shui.

Les plantes

Une, à portée de regard

Posée dans le champ de vision plutôt que sur le plan de travail, où elle prend la place dont on manque. L'intérêt principal est de lever les yeux sur autre chose qu'un écran plusieurs fois par jour, ce qui n'a besoin d'aucune justification traditionnelle. Le choix des espèces est traité dans le guide des plantes feng shui.

Le cactus contre l'écran, la fausse bonne idée

On le recommande partout pour absorber les ondes de l'écran. Cette absorption n'existe pas, et le feng shui écarte de toute façon les plantes piquantes de l'intérieur. La recommandation cumule donc une erreur physique et une contradiction interne, ce qui est rare.

Les cas où l'on ne choisit pas

Le bureau dans la chambre

Le plus fréquent, et le moins favorable, puisque les deux usages demandent des ambiances opposées. Le traitement est détaillé dans le guide de la chambre : séparer visuellement, et ranger le travail le soir.

Le bureau d'enfant

Mêmes règles, avec une nuance de dosage. Un enfant a besoin de plus de yang qu'un adulte, donc de lumière et de teintes claires, et il souffre davantage d'un plan de travail face à un mur, parce que sa capacité à ramener son attention est plus courte.

L'open space

On ne choisit ni sa place ni son orientation, et la moitié de ce guide devient inapplicable. Restent les quelques centimètres qu'on maîtrise : une surface réfléchissante contre l'écran pour rendre ce qui arrive dans le dos, un objet à soi pour marquer le territoire, et un plan dégagé le soir en partant.

Ce qui change vraiment

Les trois gestes qui comptent

Voir la porte sans être dans son axe. Avoir un mur plein et un dossier haut derrière soi. Dégager le plan de travail. Le reste est du réglage, et ces trois-là se font en une demi-heure sans rien acheter.

Ce qui n'est pas établi

Rien n'établit qu'une orientation de bureau agisse sur une carrière, des revenus ou une réussite. La correspondance entre les secteurs et les domaines de la vie relève d'une symbolique ancienne, et elle ne se mesure pas.

Ce qui tient debout quand même

La position de commandement recoupe une observation banale sur l'attention : voir l'entrée d'une pièce coûte moins d'effort que la surveiller sans la voir. C'est d'ailleurs pour cela qu'on la retrouve dans les recommandations d'aménagement de bureau qui n'ont jamais entendu parler de feng shui.

Le conseil est bon. Sa justification traditionnelle n'est simplement pas ce qui le rend bon, et le dire ne lui retire rien.

Pour aller plus loin

Questions fréquentes

Où placer son bureau selon le feng shui ?
Dans la position dite de commandement : le dos à un mur plein, le regard vers la porte, mais sans se trouver dans son axe direct. C'est la même règle que pour le lit, et pour la même raison. On voit entrer sans être exposé au passage, et on a un appui solide derrière soi. Tout le reste, orientation comprise, se règle après cette question-là.
Pourquoi ne faut-il pas travailler dos à la porte ?
Parce qu'une partie de l'attention reste mobilisée par ce qu'on ne voit pas. Le système parle de vulnérabilité, et l'observation courante dit la même chose autrement : on sursaute quand quelqu'un entre, on se retourne à chaque bruit. Si la pièce l'impose, un miroir bien placé ou simplement un siège pivotant réduisent l'effet sans déplacer le meuble.
Peut-on mettre son bureau dos à la fenêtre ?
C'est déconseillé, pour la même logique que le mur plein derrière le lit : une ouverture ne soutient pas. L'argument pratique est plus convaincant encore, puisqu'une fenêtre dans le dos met l'écran à contre-jour toute la journée et impose des reflets. La position la plus confortable place la fenêtre sur le côté.
Faut-il éviter de travailler face à un mur ?
C'est la troisième mauvaise position, et la plus répandue dans les petits logements. Le reproche est qu'elle ferme la perspective : le regard bute à cinquante centimètres et ne se repose jamais. Quand on ne peut pas faire autrement, un grand paysage encadré ou un miroir orienté vers la pièce rendent une profondeur de champ à l'œil.
Quelle orientation choisir pour un bureau ?
L'est et le sud-est relèvent du bois, l'élément de la croissance, et sont les deux secteurs le plus souvent cités pour le travail. Le nord porte la carrière dans la lecture occidentale du bagua, le sud-est la prospérité. Mais l'orientation arrive loin derrière la position : un bureau bien orienté et dos à la porte reste un mauvais bureau.
Quelle couleur pour un bureau feng shui ?
Le blanc et le gris du métal soutiennent la clarté et la netteté, le vert du bois soutient l'élan. Ce sont les deux familles qui reviennent. On évite le rouge en grande surface, qui excite là où l'on cherche à se concentrer, et les teintes sombres et mates qui tirent la pièce vers le calme, c'est-à-dire vers l'endormissement.
Quelle plante mettre sur un bureau ?
Une seule, à feuilles arrondies, posée dans le champ de vision plutôt que sur le plan de travail qu'elle encombrerait. Le cactus, souvent recommandé pour absorber les ondes de l'écran, est à écarter deux fois : cette absorption n'existe pas, et le feng shui écarte de toute façon tout ce qui pique.
Peut-on installer un bureau dans une chambre ?
C'est le cas le plus fréquent et le moins favorable, parce que les deux usages demandent des ambiances opposées : la chambre tire vers le calme, le travail vers l'activité. Quand la surface l'impose, on sépare visuellement par un paravent ou une bibliothèque basse, et on range le travail le soir. Voir son bureau depuis le lit est le point à supprimer en premier.
Que faire en open space, quand on ne choisit pas sa place ?
On agit sur les quelques centimètres qu'on maîtrise. Un petit miroir ou une surface réfléchissante posée contre l'écran rend la vue de ce qui arrive dans le dos. Un objet à soi, une plante, un cadre, marque un territoire. Et dégager le plan de travail reste le seul geste dont l'effet ne dépend d'aucune croyance.
Ces règles ont-elles un effet prouvé ?
Rien n'établit qu'une orientation de bureau agisse sur une carrière ou sur des revenus. En revanche la position de commandement recoupe une observation banale sur l'attention : voir l'entrée d'une pièce coûte moins d'effort que la surveiller sans la voir. Le conseil est bon, sa justification traditionnelle n'est pas ce qui le rend bon.

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