Aller au contenu
Carnet de Chine

Kunming, la porte du Yunnan

La ville du printemps éternel à 1 900 mètres : la forêt de pierre de Shilin, le lac Dianchi et ses mouettes, et pourquoi on y passe avant Dali et Lijiang.

Par MaxPublié le Mis à jour le 7 min de lecture

Kunming est la ville par laquelle on entre au Yunnan, et celle qu'on quitte le plus vite. La plupart des itinéraires y atterrissent, y dorment une nuit, et repartent le lendemain vers Dali. C'est un tort modéré : la ville n'est pas une destination majeure, mais elle possède deux atouts que rien d'autre dans la province n'offre, un climat qui ignore les saisons et un labyrinthe de calcaire classé à deux heures de route.

Pour la province dans son ensemble, ses vieilles villes et ses rizières, voir le guide du Yunnan.

Pourquoi on passe par Kunming

Tout converge ici

L'aéroport de Changshui est l'un des plus fréquentés de Chine et concentre les vols intérieurs vers le Yunnan, et la gare relie la ville au reste du pays par le réseau à grande vitesse. Dali, Lijiang, Shangri-La et Xishuangbanna se rejoignent tous depuis Kunming, ce qui en fait un passage obligé plutôt qu'un choix.

Ce qu'on y fait vraiment

La ville elle-même se visite vite. Un temple, un parc, un bourg ancien rattrapé par l'agglomération, et l'ensemble tient dans une journée sans qu'on ait à se presser une seule fois. Le vrai motif de s'arrêter est ailleurs, à cent vingt kilomètres au sud-est, dans la forêt de pierre.

Combien de temps y rester

Deux jours est le format confortable, une journée le format serré. Au-delà, la ville n'a pas de quoi retenir, et le Yunnan qui commence deux heures plus loin est nettement plus spectaculaire.

Le climat qui n'existe nulle part ailleurs

Mille neuf cents mètres, et ce que ça change

L'altitude explique tout. Kunming se trouve à peu près à la latitude du tropique, ce qui devrait lui valoir des étés écrasants et des hivers cléments, mais elle est posée sur un plateau à environ 1 900 mètres qui corrige l'ensemble. Les deux effets s'annulent, et il en résulte un climat que la Chine ne connaît nulle part ailleurs.

Un climat sans hiver ni été

Ni le froid mordant du nord, ni la moiteur du sud. Les températures restent douces d'un bout à l'autre de l'année et les floraisons se succèdent sans interruption, ce qui a valu à la ville son surnom de Chuncheng, la ville du printemps. C'est aussi ce qui en fait un refuge pour les Chinois du Sichuan et du Guangdong quand la chaleur devient invivable chez eux.

L'altitude, faut-il s'en inquiéter

Non, pour l'immense majorité des visiteurs. Mille neuf cents mètres reste très en dessous des seuils où le mal aigu des montagnes se déclenche, et l'on n'y ressent au pire qu'un léger essoufflement dans les escaliers les premières heures. La ville joue en revanche un rôle utile de palier pour qui remonte ensuite vers Shangri-La, à plus de 3 200 mètres.

La forêt de pierre de Shilin

Un labyrinthe de calcaire classé

C'est la raison principale de s'arrêter. Shilin est un ensemble de piliers de calcaire dressés à la verticale, séparés par des couloirs étroits où l'on circule comme dans un dédale. Le site est inscrit au patrimoine mondial et s'étend assez pour qu'on y marche des heures sans repasser deux fois au même endroit, ce qui explique qu'une demi-journée suffise à en voir l'essentiel sans en épuiser l'intérêt.

Y aller depuis Kunming

Deux options. Le train à grande vitesse dessert Shilin en une trentaine de minutes, ce qui en fait la voie la plus rapide et la plus confortable. Les bus partent de la gare routière est pour environ 19 ¥, avec une heure trente à deux heures de trajet selon la circulation.

Les excursions organisées existent, mais beaucoup imposent des arrêts commerciaux en chemin qui allongent considérablement la journée. Y aller par ses propres moyens revient moins cher et prend moins de temps.

Billets et durée

L'entrée coûte environ 130 ¥, en tarif plein, avec une réservation nominative désormais exigée comme sur la plupart des grands sites chinois. Des voiturettes électriques circulent à l'intérieur pour une vingtaine de yuans, utiles pour relier les secteurs éloignés. Compter une demi-journée pour l'essentiel, une journée pour marcher vraiment.

Le lac Dianchi et les collines de l'Ouest

Trois cents kilomètres carrés au sud de la ville

Le lac Dianchi s'étend sur plus de 300 kilomètres carrés en croissant, au sud-ouest de l'agglomération. Il se regarde plus qu'il ne se longe : les berges les plus intéressantes sont celles qui bordent le centre, et le meilleur point de vue se gagne en hauteur.

Les mouettes de Sibérie

C'est la curiosité saisonnière, et elle vaut le détour. Chaque hiver, des milliers de mouettes rieuses à bec rouge descendent de Sibérie et s'installent sur le lac et ses berges urbaines. Le spectacle attire autant les habitants que les visiteurs, et il transforme une saison qu'on croirait creuse en l'un des bons moments pour venir.

Les collines de l'Ouest

Elles dominent le lac depuis l'ouest et offrent le panorama complet, avec un sentier taillé dans la falaise qui débouche sur la porte du Dragon. La montée se fait à pied ou en télécabine, et l'ensemble occupe une demi-journée.

Dans la ville même

Le temple Yuantong

Le plus ancien et le plus important édifice bouddhique de la ville, installé en contrebas de la rue plutôt qu'en hauteur, ce qui est inhabituel. On y descend au lieu d'y monter, et l'ensemble s'organise autour d'un bassin.

Le lac Vert

Cuihu, le parc du lac Vert, est le poumon du centre et l'endroit où l'on observe le mieux la vie ordinaire de Kunming : danses collectives, musiciens, joueurs de cartes. C'est aussi l'un des points où les mouettes se concentrent en hiver.

Le bourg de Guandu

Un ancien bourg rattrapé par l'agglomération, avec ses pagodes et ses ruelles restaurées. La restauration est visible et le lieu n'a plus grand-chose d'authentique, mais il donne un aperçu de ce à quoi ressemblaient les alentours avant l'expansion de la ville.

À table

Les nouilles qui traversent le pont

Guoqiao mixian, littéralement les nouilles de riz du pont, sont le plat emblématique du Yunnan. Le principe tient au service : un bouillon brûlant arrive dans un grand bol, accompagné d'assiettes de viande crue finement tranchée, de légumes et d'herbes que l'on verse soi-même et qui cuisent au contact. Le bouillon est couvert d'une pellicule de graisse qui retient la chaleur, ce qui explique qu'il puisse cuire la viande à table.

Les champignons du Yunnan

La province est réputée pour ses champignons sauvages, dont certains n'existent nulle part ailleurs. La saison va de juin à septembre, et les restaurants spécialisés en font des marmites entières. Un avertissement de bon sens s'impose : plusieurs variétés locales sont toxiques mal préparées, et il vaut mieux les manger au restaurant qu'au marché.

Où manger

Les abords du lac Vert et le bourg de Guandu concentrent les adresses touristiques. Les meilleures tables se trouvent, comme souvent, dans les rues sans devanture traduite, et les chaînes locales de nouilles de riz offrent un rapport qualité-prix imbattable pour un déjeuner rapide.

Repartir : Kunming n'est pas une fin

Dali, deux heures de train

C'est la liaison la plus fréquentée du Yunnan : 328 kilomètres, environ deux heures en train à grande vitesse, et près de 88 départs par jour. Une telle densité change la nature du voyage, puisqu'on peut décider le matin de partir l'après-midi.

Lijiang et Shangri-La, plus loin

Lijiang se rejoint en prolongeant vers le nord, et Shangri-La au-delà, à plus de 3 200 mètres. C'est la progression classique du Yunnan, avec une altitude qui monte à chaque étape, ce qui justifie de ne pas la parcourir trop vite.

Xishuangbanna, l'autre direction

Au sud, vers la frontière laotienne, le Xishuangbanna offre un Yunnan tropical qui n'a rien à voir avec les vieilles villes du nord : forêt, minorités dai, architecture d'inspiration thaïe. C'est l'itinéraire le moins parcouru par les voyageurs français.

Arriver et repartir en pratique

De l'aéroport au centre

La ligne 6 du métro part directement du niveau B2 du terminal et rejoint le centre en trente à quarante minutes pour 6 ¥, avec une rame toutes les dix minutes de 6h20 à 23h. C'est l'un des accès aéroport les plus simples de Chine, et il rend le taxi presque inutile sauf en pleine nuit.

Le train pour le Laos, que personne ne mentionne

Kunming est le terminus nord de la ligne qui descend jusqu'à Vientiane. Quatre trains internationaux circulent chaque jour, le trajet dure environ neuf heures et demie à dix heures, et la seconde classe coûte entre 542 et 552 ¥. C'est l'une des sorties terrestres les plus commodes de Chine, et la seule qui se prenne comme un train ordinaire.

Un point à régler avant : le visa laotien doit être obtenu à l'avance, car ni Mohan côté chinois ni Boten côté laotien ne délivrent de visa à l'arrivée. Se présenter sans, c'est ne pas passer.

Réserver

Comme partout en Chine, les billets se prennent en ligne avec le passeport, et la fenêtre de vente s'ouvre quinze jours avant le départ. Sur la liaison de Dali, la densité de l'offre rend la réservation tardive possible ; sur le train du Laos, nettement moins.

Quand venir

Les meilleures fenêtres

Le printemps et l'automne réunissent les meilleures conditions, mais la particularité de Kunming est de rester praticable toute l'année, ce qui n'est le cas d'aucune autre grande ville chinoise. L'été apporte la saison des pluies, avec des averses souvent brèves plutôt qu'une moiteur continue.

L'hiver, moins creux qu'il n'y paraît

C'est la saison des mouettes sur le lac Dianchi, et les températures restent douces là où le reste de la Chine grelotte. Pour qui organise un circuit d'hiver, le Yunnan est l'une des rares provinces où le froid ne dicte pas le programme. Les nuances mois par mois figurent dans le guide de la meilleure saison pour partir en Chine.

Ce qu'il faut retenir

Une journée pour la ville, une pour la forêt de pierre, puis le train pour Dali. Kunming ne se visite pas pour elle-même mais elle mérite mieux qu'une nuit d'aéroport, ne serait-ce que pour Shilin et pour ce climat qui n'existe nulle part ailleurs en Chine. Pour la suite du parcours, le guide du Yunnan couvre la province entière.

Pour aller plus loin

Questions fréquentes

Combien de jours faut-il à Kunming ?
Deux jours suffisent largement, et beaucoup de voyageurs n'y consacrent qu'une journée avant de filer vers Dali. Une journée couvre la ville elle-même, le temple Yuantong, le lac Vert et le bourg de Guandu. La seconde se consacre entièrement à la forêt de pierre de Shilin, qui demande un aller-retour de quatre à cinq heures transport compris.
Pourquoi Kunming s'appelle-t-elle la ville du printemps éternel ?
Parce que son altitude compense sa latitude. Située à environ 1 900 mètres, à hauteur du tropique, elle échappe à la fois au froid mordant de l'hiver chinois et à la chaleur écrasante de l'été du Sud. Les températures y restent douces toute l'année et les floraisons se succèdent sans interruption, d'où le surnom de Chuncheng, la ville du printemps.
L'altitude de Kunming pose-t-elle problème ?
Pas pour la grande majorité des visiteurs. À 1 900 mètres, on est très en dessous des seuils où le mal aigu des montagnes apparaît, et l'immense majorité des gens ne ressent rien. Un léger essoufflement à l'effort ou dans les escaliers est possible les premières heures. La ville sert d'ailleurs souvent de palier d'acclimatation avant Shangri-La, nettement plus haut.
Qu'est-ce que la forêt de pierre de Shilin ?
Un ensemble de piliers de calcaire dressés à la verticale, formant un labyrinthe minéral classé au patrimoine mondial. Le site se trouve à environ 120 kilomètres au sud-est de Kunming et se visite en une demi-journée à une journée. L'entrée coûte environ 130 ¥, avec une réservation nominative désormais exigée, et des voiturettes électriques circulent à l'intérieur pour environ 25 ¥.
Comment aller à la forêt de pierre depuis Kunming ?
Des bus partent fréquemment de la gare routière est de Kunming, pour environ 19 ¥ et une heure trente à deux heures de trajet. Le train à grande vitesse dessert également Shilin en une trentaine de minutes, ce qui en fait l'option la plus rapide. Les excursions organisées existent mais imposent souvent des arrêts commerciaux en chemin.
Que voir au lac Dianchi ?
Le lac couvre plus de 300 kilomètres carrés au sud-ouest de la ville et se longe surtout depuis les collines de l'Ouest, qui le dominent. En hiver, des milliers de mouettes rieuses à bec rouge venues de Sibérie s'y installent et deviennent l'attraction principale, notamment sur les berges proches du centre. Le reste de l'année, l'intérêt tient surtout au panorama.
Quel est le plat typique de Kunming ?
Les nouilles de riz dites qui traversent le pont, guoqiao mixian, servies dans un bouillon brûlant que l'on garnit soi-même à table avec des tranches de viande crue, des légumes et des herbes qui cuisent au contact. C'est le plat emblématique du Yunnan, et l'une des rares spécialités chinoises qui se mange autant pour le geste que pour le goût.
Combien de temps met le train de Kunming à Dali ?
Environ deux heures en train à grande vitesse, sur 328 kilomètres, avec un service très dense qui compte près de 88 trains par jour. C'est ce qui fait de Kunming une porte d'entrée plutôt qu'une étape : la suite du Yunnan est à portée de matinée, et beaucoup d'itinéraires enchaînent Kunming, Dali et Lijiang dans cet ordre.
Faut-il rester à Kunming ou filer directement vers Dali ?
Tout dépend du temps disponible. Sur un circuit court au Yunnan, Kunming se traverse en une journée, le temps de la forêt de pierre, avant de reprendre le train. Sur un séjour plus long, deux jours permettent d'y ajouter le lac, les collines de l'Ouest et le bourg de Guandu sans que la ville ne devienne une simple salle d'attente.
Quelle est la meilleure saison pour Kunming ?
Le printemps et l'automne offrent les conditions les plus agréables, mais la particularité de la ville est justement de rester praticable toute l'année. L'été apporte la saison des pluies, avec des averses souvent brèves. L'hiver reste doux et coïncide avec l'arrivée des mouettes sur le lac Dianchi, ce qui en fait une saison plus intéressante qu'il n'y paraît.

À lire ensuite

Recevoir mes prochains articles sur la Chine

Un message quand un nouveau guide paraît. Désabonnement en un clic.